Metallica - Hardwired... To Self-Destruct - Le Canal Auditif

Metallica – Hardwired… To Self-Destruct

MetallicaVendredi dernier, la formation mastodonte Metallica lançait un 10e album studio: Hardwired… To Self-Destruct. Réglons tout de suite une chose. Tout ce que Metallica a mis sur le marché, après le populaire Black Album, m’a ennuyé au plus haut point… même la supposée cure de jouvence intitulée Death Magnetic, parue il y a 8 ans déjà, m’a laissé totalement de marbre.

Réalisé par un ingénieur de son qui en connaît un bon petit bout en frais de métal, Greg Fieldman (un proche de Rick Rubin), Hardwired… To Self-Destruct est le premier album de Metallica qui voit le jour sous l’étiquette de disques appartenant au quatuor: Blackened Recordings. Fait à noter, aucun crédit de songwriting n’est attribué au guitariste soliste Kirk Hammett puisque celui-ci a égaré, en cours de création, son téléphone intelligent, perdant ainsi toutes les maquettes sur lesquelles il avait travaillé. Donc, Hammett se contente d’y aller de ses habituels solos à l’emporte-pièce.

Puis ce Hardwired? Pas pire? Imbuvable? Ça tient la route? Eh bien, je vais vous étonner. Ce groupe à l’ego démesuré et exponentiellement désuni s’en sort correctement, contre toute attente. Oui, le métal marketisé à l’os de Metallica est franchement périmé et n’arrive pas à la cheville de ces bons vieux salopards de Slayer, mais j’ai quand même ressenti un certain effort de la part du groupe afin de concevoir un disque «honnête». La maîtrise et l’efficacité sont au rendez-vous. Est-ce que je nivelle par le bas? Bien sûr. Mais il fallait être un peu déphasé pour croire une seule seconde que Metallica pourrait se réinventer après avoir autant perdu le nord au cours de sa carrière.

Et pour une rare fois dans l’histoire des Four Horsemen, le jeu bancal de Lars Ulrich (l’un des batteurs parmi les plus surestimés de ce genre musical) n’est pas démesurément à l’avant-plan dans le mix. Bonus? On entend un peu de basse! Oui, mes amis, les membres de Metallica commencent à peine à se remettre (musicalement parlant) du décès de Cliff Burton… Et la performance vocale de James Hetfield est tout à fait à la hauteur, même si je préfère le vétéran en mode hargneux plutôt qu’en mode rassembleur. La réalisation est bien sûr tonitruante servant parfaitement le métal boursouflé de Metallica.

Quelques bonnes chansons m’ont fait taper du pied. Les très «Kill’ Em All» Hardwired, Atlas, Rise! et la conclusive Spit Out The Bone m’ont réjoui au plus haut point. Moth In Flame est du Metallica pur jus. Le riff principal de Murder One fait le travail. Par contre, en mode hard rock, ce groupe me tape royalement sur le gros nerf. Pas besoin de vous dire que j’ai failli sombrer dans les bras de Morphée à l’écoute des Now That You’re Dead, Dream No More (du sous Alice In Chains) et Halo On Fire.

Vais-je écouter ce disque à répétition? Absolument pas. J’ai autre chose à faire que de perdre mon temps pendant 77 minutes, croyez-moi. Cependant, je salue ce souci de plaire aux fans en présentant un pot-pourri de tous les styles épousés durant la carrière du groupe, car c’est ce que Metallica propose avec Hardwired… To Self-Destruct, rien de plus, rien de moins.

Ma note: 6/10

Metallica
Hardwired… To Self-Destruct
Blackened Recordings
77 minutes

https://metallica.com/

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