Lykke Li - I Never Learn - Le Canal Auditif

Lykke Li – I Never Learn

eca6cfc5En 2011, Lykke Li avait fait paraître un très prisé Wounded Ryhmes qui laissait présager le meilleur pour cette chanteuse suédoise âgée seulement de 28 ans. Elle de retour, aujourd’hui même, avec sa troisième offrande titrée I Never Learn qui constitue, aux dires de la charmante demoiselle, le chapitre final d’une trilogie amorcée en 2008 avec Youth Novels. On remercie Lykke Li pour cette précision, car ici, on n’était vraiment pas au courant de l’existence de cette prétendue trilogie.

Enregistrée par Bjorn Yttling et Greg Kurstin (Tegan And Sara, The Shins etc.), la dame exprime son spleen amoureux en présentant des superpositions vocales résolument pop, des revêtements sonores éthérés et des arrangements musicaux à la Phil Spector. Si Wounded Ryhmes nous fournissait l’occasion d’entendre une Lykke Li en format tribal, dynamique, mais ténébreux, on peut affirmer sans gêne que cette fois-ci, la tourmentée créatrice se complaît intolérablement dans son affliction sentimentale.

I Never Learn est un sérieux recul dans la carrière de cette talentueuse artiste. En premier lieu, les chansons sont d’une linéarité navrante. À trop vouloir la cohérence et la constance, la jeune dame a oublié d’écrire des ritournelles valables et colorées. De plus, le duo de réalisateur demeure bien confortablement dans sa zone de confort en prescrivant, et ce, morceau après morceau, les mêmes arrangements musicaux, ce qui met forcément à l’avant-plan la paresse mélodique et la faiblesse des compositions offertes par Lykke Li.

On comprend parfaitement la désolation mélancolique/égocentrique un peu fleur bleue émise par la chanteuse, mais sur un assemblage de neuf chansons (à l’exception de la très Florence + The Machine titrée Gunshot), ça devient totalement lassant. Dans la mesure où Lykke Li a préconisé une approche pop trop appuyée sur certaines pièces, c’est malheureusement la véracité, l’authenticité et l’impact de cette tristesse sentimentale exprimée qui s’en trouve fortement amenuisé. En écoutant I Never Learn, le mélomane attentionné passera son temps à attendre la chanson marquante, mais en vain, car l’artiste nous présente un trente-trois minutes qui dure une interminable éternité!

À peine trois pièces sortent du lot… mais de justesse: l’efficace simple No Rest For The Wicked, Gunshot de même que la ballade acoustique, un brin approximative, mais tout de même charmante, nommée Love Me Like I’m Not Made Of Stone. Pour ce qui est du reste, ça demeure totalement au ras des pâquerettes. Bien honnêtement, ce disque est ennuyant, monotone, répétitif, morose et… mon qualificatif préféré? Soporifique!

Voilà une parution que nous attendions avec un certain enthousiasme, mais qui a eu l’effet d’une douche froide sur votre humble scribe. On respecte Lykke Li et on avait catégoriquement cru possible à l’avènement d’un grand cru de sa part, mais le virage pop, la réalisation nonchalante et les chansons quelconques font de ce disque le premier ratage officiel de 2014; du moins, en ce qui nous concerne. Si vous êtes de fieffés dépendants affectifs, ce disque pourrait vous plaire puisqu’il tourne parfaitement le fer dans cette plaie béante (et surutilisée) du chagrin amoureux destructeur. Une énorme déception!

Ma note : 4/10

Lykke Li
I Never Learn
LL Recordings
33 minutes

www.lykkeli.com/splash/norestforthewicked

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