Les Trois Accords - J'aime ta grand-mère - Le Canal Auditif

Les Trois Accords – J’aime ta grand-mère

Reconnaissons d’entrée le mérite des Trois Accords : le groupe rallie un énorme bassin de fans, tout en évoluant dans un univers textural unique, celui de l’humour absurde. Avec ce nouvel opus, déjà leur quatrième, au titre improbable de J’aime ta grand-mère, il semble acquis que le quatuor peut pousser de plus en plus loin les limites des propos entendus, et ce, sans que l’oreille n’en soit offensée, bien au contraire.

On ne peut que sourire en entendant les paroles de la chanson titre, alors que la sonorité baigne dans des accords de guitares-violons, accompagnés d’un léger et lointain chœur lyrique:

«J’aime, j’aime ta grand-mère
Je veux faire à ton père
Plein de demi-frères
J’aime, j’aime ta grand-mère
Je voudrais que ta mère
Soit notre bouquetière»

Le rictus facial est encore synonyme d’enchantement à l’écoute de Sur le bord du lac, ode toute country où Simon Proulx chante en duo avec la vraie Renée Martel :

«Tu m’as appris des choses auxquelles avant je n’aurais pas cru
Tu m’as montré des sentiments auxquels je ne croyais plus
Qui aurait cru qu’un jour je retrouverais l’amour ici?
Blotti au creux des bras de la mère de mon meilleur ami»

Et ça se poursuit ainsi sur les huit autres plages du disque. On y chante le mal de vivre l’exercice physique (« Je rêve d’être une seule fois / Avec toi / Sans avoir mal aux cuisses »), l’amour inattendu rencontré à la cafétéria (« Retenu dans le filet / Qui retenait son toupet / Je veux être le crapet / Qui cuit au four »), le plaisir de fréquenter sa personne préférée (« Tu l’emportes haut la main sur / Le cube rubik et la nature / Tu surclasses même certains membres de ma famille ») et de se toucher dans un parc en attendant d’être arrêté (« Quand je verrai enfin l’ambulance / Se stationner dans la rue / Je poursuivrai mes avances / Sur mon propre individu »). Inattendu. Improbable. Voilà où réside le plaisir de se plonger l’oreille dans l’univers des Trois Accords.

Côté musique, les références sont nombreuses et faciles. On pense aux Beatles, Rolling Stones, à Joy Division (oui, oui!), Interpol… Ça ratisse large et c’est foutrement bien fait. Un gros merci à Gus Van Go (ex Me, Mom & Morgentaler) pour la réalisation.

À l’écoute de ce J’aime ta grand-mère, concluons simplement que Les Trois Accords portent de plus en plus mal leur limitatif nom de groupe.

Ma note : 8/10

Les Trois Accords
J’aime ta grand-mère
La Tribu
35 minutes

www.lestroisaccords.com

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