Les 25 meilleurs albums de 2013 selon Jean-Simon Fabien

25. Valleys – Are You Going to Stand There And Talk Weird All Night

Valleys fait dans l’électronica sombre et lugubre. Mais l’ajout de voix, douces et vaporeuses, tempère l’ambiance froide et glauque créée par les machines du duo. Un album fascinant pour son tour de force esthétique.
 

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24. Tegan And Sara – Heartthrob

Tegan And Sara ont réussit avec leur plus récent disque à passer d’un registre folk-déçu-avec-des-guitares-acoustiques à un univers électronique où les regrets laissent toute la place au désir et à l’éventualité imminente d’une relation sexuelle. Pari réussi, les sœurs gagnent en attention médiatique (et en fans féminines prépubères), tout en rassasiant ceux qui les suivent depuis le début. L’électro leur va bien et au final, on est juste heureux d’entendre leurs voix s’accorder dans d’immenses refrains.
 

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23. Locrian – Return To Annihilation

Drone, noise, industriel, post, name it, Locrian navigue dans le synthétique, l’analogique et l’organique. Une chose est sûre, leur univers est des plus sombres. Sur Return To Annihilation, on retrouve leurs compositions lentes – rappelant parfois Jesu – au développement aussi épique que soudain. Étrange objet artistique ce disque qui est d’une inquiétante puissance dans le genre cérébral.
 

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22. Pelican – Forever Becoming

On reconnaît sur Forever Becoming la signature de Pelican: des murs de guitares – au son si caractéristique – des pièces étoffées, longues et hermétiques, de lentes, mais savantes transitions entre l’agression et l’aérien et un sens du crescendo sans pareil. On s’en était ennuyé de ce flair créatif sur What We All Come To Need en 2009. C’est dans les territoires explorés par Mogwai (de l’ère Rock Action et Young Team), que Pelican étonne et captive le plus.
 

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21. Mutoïd Man – Helium Head

Stephen Brodsky (Cave In) et Ben Koller (Converge, All Pigs Must Die, Acid Tiger) sont Mutoid Man. Ils pondent avec Helium Head un album de trash-défonce des plus satisfaisant. Cousin légitime des Lightning Bolt de ce monde, le duo clenche sur chaque pièce de ce Helium Head une charge de lasers hurlants. Bref, c’est pareil comme dans les films de science-fiction où y’a des explosions dans l’espace pis toute. Ok?

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20. Mutation – Error 500

Sur Error 500, Ginger Wildheart et sa bande déploient un drôle d’assemblage d’industriel et de grindcore. Ça donne un élément clairement instable, vu le caractère explosif des pièces. Toutes plus savamment construites les unes que les autres, elles réussissent à préserver cet équilibre précaire entre la totale furie et la décadence festive. J’ai aimé, avec des stingers…

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19. Les Sœurs Boulay – Le poids des confettis

Les Sœurs fendent le cœur. Malgré une parcimonie de vocabulaire et d’instruments, elles racontent des histoires extraordinaires qu’on croirait enfantines. Le poids des confettis, c’est finalement un peu comme mourir à petit feu en revoyant en diapos sa vie. Au moment décisif, les Sœurs ne regrettent cependant rien. Elles sont candides et cutes et en prime, on a des shooters de fort su’ l’bras.
 

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18. Folly And The Hunter – Tragic Care

La formation montréalaise Folly And The Hunter travaille une pop qui évoque les premiers moments de Coldplay. Habile mélange de piano, synthés et guitares avec une voix tantôt chaude, tantôt déchirante, ce Tragic Care est une belle offrande. Bien ficelées, les pièces s’enchaînent avec douceur. À surveiller.
 

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17. Nick Cave And The Bad Seeds – Push the Sky Away

Le dernier Nick Cave est un incontournable des listes de fin d’année. Parce que oui, c’est Nick Cave. Mais Push The Sky Away renferme de merveilleux titres désarmants de sensibilité enrobés sombrement. La poésie de Cave y est vaporeuse et d’une cruelle beauté. À écouter.
 

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16. Ponctuation – 27 Club

Ponctuation a été une délicieuse surprise du côté franco. On aime la guitare, la voix et les structures simples, mais efficaces. Les textes sont brillants et cohérents lorsque raboutés les uns après les autres. Des effets simples, une vibe rock, que demandez de plus?
 

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15. WHORES. – clean.

Clean. est le deuxième album du combo noise-rock d’Atlanta. À la croisée des Melvins et des Jesus Lizard, Whores. (avec un point, parce que sinon votre moteur de recherche pourrait se méprendre sur vos intentions) a pondu un disque de défonce des plus réjouissant cette année. Avis aux profanes, le chant dans Whores. est somme toute assez propre si on le compare au mordant des guitares. Étoffé, solide et déluré, c’est heavy-duty, gras et sexy.
 

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14. This Routine Is Hell – Howl

Habile mélange de hardcore et d’éléments metal, Howl est un deuxième effort convainquant de This Routine Is Hell. Le savant fou Kurt Ballou, derrière la console, a réussi à extirper le maximum du groupe. Profondeur dans les guitares, multiples couches d’instrumentations et clarté de la voix malgré les cris et les jappements.
 

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13. SISU – Blood Tears

Blood Tears est un album sentimental fantomatique qui ne néglige ni le rythme ni la mélodie. Sandra Vu (Dum Dum Girls), y mélange avec soin, sans les édulcorer, des influences allant du post-punk au dream pop, en passant par les sentiers shoegaze tracés par My Bloody Valentine. Découverte qui rappelle Autolux ou l’univers des Silversun Pickups.
 

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12. Deerhunter – Monomania

Deerhunter a fait mousser l’engouement pour Monomania en annonçant en grande pompe que ce gravé allait faire renaître le rock. On leur pardonne leur manque de modestie et pas juste parce que le groupe est un abonné des palmarès de fin d’année. Monomania est un album original dans la discographie de Deerhunter. Plus mordant qu’Halcyon Digest, sans être épars comme Cryptograms ou noise comme l’éponyme, il n’est ni une synthèse ni un retour en arrière. Un des rares groupes à se réinventer à chaque parution.
 

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11. Fuzz – Fuzz

Fuzz est une excellente entrée en matière dans l’univers du bouillant Ty Segall. Comme son nom l’indique (exactement comme Épargne Placement Québec, mais pas vraiment), c’est tellement fuzzé que ça devrait être taxé. Des pièces garrochées avec des solos approximatifs et une attitude garage éprouvée confirment la place de Segall au panthéon du DIY de sous-sol.
 

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10. Year Of No Light – Tocsin

La formation de post metal française prend du galon avec Tocsin, son 3e album (2e instrumental). Year Of No Light continue de façonner une musique pesante, lourde et introspective tout en prenant ses distances des ISIS et Cult Of Luna de ce monde. De longues transitions et un sens cinématique rehaussent l’expérience d’écoute. Un grand album dans le genre.
 

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9. The Courtneys – S/T

The Courtneys est un charmant groupe canadien qui mélange les meilleurs éléments féminins des années 90 (d’où le nom, dah!) aux tendances indés actuelles. On entend sur ce premier opus autant du beach pop que de gros clins d’œil aux Breeders. Fascinante découverte où règne la joie candide de la troisième bière, sous un coucher de soleil floridien.
 

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8. Joseph Arthur – The Ballad of Boogie Christ I/II

Le prolifique Joseph Arthur revient en 2013 avec les deux premiers chapitres d’un projet multidisciplinaire à achever en 2014: The Ballad of Boogie Christ. On y retrouve un Arthur spirituel-mais-pas-gossant et particulièrement inspiré. La pièce titre est du grand Arthur: «Christ would buy butter and make you some toasts» dit-il un sourire dans la voix. Et que dire de The Saint Of Impossible Causes, sûrement sa plus belle balade depuis Our Shadows Will Remain en 2004. Bref, de grands moments de communion.
 

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7. Kurt Vile – Walkin On a Pretty Daze

Kurt Vile fait dans le folk introspectif. Il va plus loin avec son deuxième album. Une fois encore, sa candeur nonchalante et ses arrangements simples accompagnent à merveille ses compositions écorchées. L’écho de sa guitare captive tandis que sa voix chaude chante avec retenue des textes prudes, d’une étonnante maturité. On aime quand il s’emporte sur plus de 7 minutes aussi!
 

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6. Mo Kenney – Mo Kenney

La voix de Mo Kenney touche droit au cœur dès le premier titre de ce premier effort Eden. Au fil du disque on découvre une jeune auteure-compositrice fragile, nostalgique et écorchée. Ses chansons guitare-voix, habillées sobrement par le grand Joel Plaskett, rappellent Nick Drake ou Beck, mouture Mutations/Sea Change. Déjà Vu entraîne, Sucker accroche et Carnivore transperce. Excellent.
 

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5. KEN Mode – Entrench

Après avoir touché au registre sludge avec Venerable en 2011, le trio de Winnipeg revient avec un album de hardcore qui donne une sérieuse leçon d’intensité. Entrench est un album mature marquant un virage dans le son du groupe. Il dévoile un côté hardcore assumé. On l’entend dans les progressions très sales, beaucoup plus rapides que ce qu’a fait KEN Mode jusqu’ici. La sitedemo.cauction de Matt Bayles est robuste et sans faille. L’album respire sans s’essouffler. Assurément l’un des meilleurs disques cette année.
 

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4. Sebadoh – Defend Yourself

Lou Barlow est une figure marquante du rock des 30 dernières années tant sur la scène hardcore que sur la scène «indé» et pas juste pour son poste au sein de Dinosaur Jr. Defend Yourself sans être attendu était pressenti en raison de la multiplication de leurs tournées ces dernières années. On y retrouve un Barlow inspiré, moins rageur que dans les années 90, mais certainement en forme. Il explore de nouveaux registres vocaux et dévoile une sereine sensibilité. Album de la maturité pour Barlow? On ne sait pas, mais certainement un album d’expérience. Solide.
 

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3. The Besnard Lakes – Until In Excess, Imperceptible UFO

Besnard Lakes hypnotise encore avec leur plus récent disque. La formule n’étonne peut-être pas, mais, l’esthétique seventies, les guitares fuzzées, les chœurs envoûtants, les textes impressionnistes et la sitedemo.cauction d’époque évoquent ce qui se faisait de mieux à l’âge d’or du rock. Dispersée dans divers side-projects après Are The Dark Horse, la bande revient en force. People Of The Sticks est une pièce maîtresse à écouter.
 

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2. Suuns – Images du futur

Suuns est un groupe qu’on doit apprivoiser. Groove, noise et déconstruction mélodique se côtoient autant qu’elles se complètent sur Images du futur pour créer une furieuse vague d’ondes. A priori impénétrable, on en vient à aimer cette voix douce couplée à un mur de distorsion et d’effets électroniques: c’est un album d’une incroyable profondeur. Le seul défaut de Suuns restera toujours sa proximité sonique aux géants Clinic.

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1. The Ocean – Pelegial

The Ocean c’est ce groupe allemand à géométrie variable de math-prog-metal. Abonnés aux parutions conceptuelles, le contenu musical de leurs efforts est souvent édulcoré dans une trame narrative lourde. Ce n’est pas le cas ici. Pelagial est une savante architecture metal. D’une puissance et d’une cohérence qui rappellent par moment Oceanic de ISIS, les pièces se déversent les unes dans les autres comme autant d’affluents vers un fleuve tantôt calme et linéaire, tantôt trouble et rageur: du grand art. Indélogeable de la première position depuis sa parution, Pelagial est d’ailleurs l’un des meilleurs albums du genre des 12 dernières années. C’est indéniable.

Mentions honorables:

Melvins – Tres Cabrones, Castles – Fiction Or Truth, Les Guenilles – Zéro pis une barre, Sound City Players – Sound City Soundtrack, Black Rebel Motorcycle Club – Specter At The Feast, Nine Inch Nails – Hesitation Marks