Critiques

Sleep

The Sciences

  • Third Man Records
  • 2018
  • 53 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Le 19 avril dernier, on a appris à 24 heures de préavis l’existence d’un nouvel album de Sleep. Une excellente sortie surprise, considérant qu’il s’est écoulé 20 ans depuis la sortie de Dopesmoker. Que se passe-t-il avec le stoner/doom metal depuis 20 ans ? Les pionniers Black Sabbath ont tiré leur révérence l’an dernier, Pentagram est pas mal mort aussi grâce à son frontman déchu. Kyuss est une relique du passé, Queens of the Stone Age fait du rock FM à numéro et Electric Wizard s’est un peu planté avec le dernier album.

Sleep se présente donc à nouveau comme étant le leader incontesté de cette religion auditive qui nécessite une contribution de l’auditeur pour atteindre son plein potentiel : un gros « bong » bien rempli. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’album est sorti pendant le 04/20, tsé!

Après une intro noise de 3 minutes portant le nom de l’album, le groupe lâche son premier riff musclé sur Marijuanaut’s Theme. On en profite pour renouer avec la voix monotone, mais attachante de Al Cisneros. Le ton est placé. Sleep est de retour en force même si rien n’a vraiment changé. Après 20 ans, le weed, Black Sabbath et la puissance du riff sont encore rois et maîtres de cette orgie sonore. On se demande d’ailleurs comment sonne un album de Sleep aux oreilles de quelqu’un qui n’a jamais abusé allègrement des fleurs d’automne. Oh well… C’est probablement un brin répétitif, à défaut d’être une expérience transcendantale.

Ensuite, le trio enchaîne avec une surprise de taille : une version studio de Sonic Titan, parue en version live sur la réédition de Dopesmoker, rematricée en 2003. Random geek fact : le nom du groupe montréalais Yamantaka//Sonic Titan est un hommage à cette pièce. La version en direct durait 9 minutes et des poussières, alors que la nouvelle et rutilante version studio se la joue encore plus stoner et ajoute 3 minutes à sa durée.

La suite est une autre surprise du même genre : le groupe est de retour sporadiquement depuis 2009 avec nul autre que Jason Roeder, batteur de Neurosis, derrière les fûts. Avec lui, ils ont composé plusieurs pièces qui n’existent qu’en version live. C’était le cas de Antarticans Thawed qui existe désormais en version studio pour un autre 14 minutes et demie de bonheur bien gras.

C’est un hommage peu subtil au légendaire bassiste de Sabbath, Giza Butler, qui meuble la 5e place de cette offrande à 6 services. C’est la pièce maîtresse de l’album en ce qui concerne les riffs de Matt Pike qui peuvent te faire fondre la face. Ensuite, le massacre se termine avec The Botanist. On se demande pas mal quel type de plante est étudiée par ce botaniste, right?

Blague à part, cette surprise gigantesque de Sleep est définitivement l’une des immenses sorties métal de l’année, sur le label pas tant métal de Jack White, en plus, ce qui ajoute définitivement un autre élément buzzé à l’événement. Espérons pour Tool qu’ils ne sortent pas leur album cette année parce que sinon, ils viennent de se faire solidement « upstager » !

» Drop out of life with bong in hand », comme le veut l’adage!

 

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