Critiques

Robert Pollard

King Heavy Metal

  • Rockathon Records
  • 2015
  • 35 minutes
7

ricked wickyTous ceux qui connaissent Robert Pollard savent pertinemment qu’il est un compositeur hyperactif, à la limite frénétique. Si on parle seulement de 2015, le vétéran a lancé en février dernier I Sell The Circus avec son groupe Ricked Wicky (car c’est bel et bien une formation à part entière aux dires de l’artiste). Par la suite, le bonhomme a balancé Faulty Superheroes… et le voilà de retour de nouveau sous l’appellation Ricked Wicky et cette énième offrande s’intitule King Heavy Metal. Difficile quand même d’apprécier à sa juste valeur la foisonnante sitedemo.cauction de Pollard… Trop, c’est comme pas assez!

Comme d’habitude, pas de surprise au programme, car le rockeur indépendant demeure dans sa zone de confort habituelle proposant ses chansons dans un enrobage lo-fi. Ce qu’on aime avec la mouture Ricked Wicky, particulièrement sur ce King Heavy Metal, c’est que Pollard et sa bande s’amusent plus souvent avec les dissonances et n’hésitent pas à y aller d’un rock qui décape un peu plus qu’à l’accoutumée. On fait référence aux guitares lourdes dans This Has Been My Picture de même qu’aux riffs sabbathiens entendus dans Ogling Blarest. On aime ça!

Et comme toujours, c’est mélodiquement irréprochable, Pollard ne se trompant que rarement dans le choix de ses inflexions vocales. Une nouveauté comparativement à I Sell The Circus? Une chanson est interprétée par le guitariste Nick Mitchell: l’excellente Weekend Worriers; hymne sarcastique faisant référence aux beuveries de week-end fomentées par la classe ouvrière afin d’oublier le lundi à venir…

Assurément, l’univers de Ricked Wicky ne constitue pas une cure de jouvence musicale, mais encore une fois Robert Pollard réussit à atteindre la cible à de nombreux moments. On pense au petit côté R.E.M. de Jargon Of Clones, au soft rock «seventies» évoqué dans Walk Through Glass, aux superpositions vocales plutôt réussies dans Toomfoole Terrific et ça se conclut avec un morceau de bravoure qu’un J Mascis n’aurait sûrement pas renié: Map And Key.

Ce King Heavy Metal, n’est sûrement pas le meilleur album du père Pollard, mais on aime ce rock qui va droit au but, sans trop de fioritures, un peu brinquebalant et qui est fort divertissant. Cela dit, il est impossible de suivre les nombreuses avenues empruntées par le mythique songwriter, mais force est d’admettre que ce qu’il propose n’est jamais imbuvable… du moins, ces derniers temps. Un bon album de cols bleus!

Ma note: 7/10

Ricked Wicky
King Heavy Metal
Rockathon Records
35 minutes

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