Critiques

My Morning Jacket

The Waterfall

  • ATO Records / Capitol Records
  • 2015
  • 52 minutes
7,5

My Morning JacketVoilà un groupe hyper respecté sur la scène musicale américaine. En effet, depuis le début de sa carrière My Morning Jacket n’a aucune mauvaise parution au compteur. Au-delà de tout ça, c’est surtout l’indéniable originalité et la parfaite authenticité dont fait preuve la bande menée par le fabuleux chanteur Jim James qui charme. En parlant du lascar, il avait fait paraître en 2013 un excellent album solo, Regions Of Light And Sound Of God, qui avait reçu l’approbation de votre dévoué scribe. Le quintette soft/folk/rock fait paraître cette semaine son septième album, son premier depuis Circuital paru en 2011, et c’est titré The Waterfall.

Coréalisé par James et par Tucker Martine (The Decemberists, R.E.M, Spoon, etc.), ce The Waterfall laisse à l’arrière-plan les guitares parfois incendiaires que l’on pouvait retrouver sur les parutions antérieures. Les nombreuses couches de claviers millésimés/modernes sont magnifiques et l’aspect folk de la musique de My Morning Jacket demeure résolument présent. On est ici dans un univers soft-rock atmosphérique tirant un peu son ascendant de Wilco, mais soyez sans crainte ce groupe sonne toujours comme personne d’autre; signe probant de la crédibilité d’un groupe et un gage surtout de sa durée de vie.

En écoutant The Waterfall, on a envie de crier à l’injustice. Pourquoi? Parce que si des artistes comme Bon Iver (par exemple) ont réussi à fédérer un assez grand public, on ne comprend pas pourquoi My Morning Jacket n’attire pas plus l’attention… mais on a une petite idée de la réponse. Ce groupe est trop raffiné et brillant, s’exerçant continuellement à se renouveler et à écrire de meilleures chansons toujours mieux réalisées, pour véritablement intéresser cette faune faussement indie en mal de vedettes «crédibles». My Morning Jacket fait de la musique pour les bonnes raisons!

The Waterfall est brillant parce qu’il réussit à conjuguer un folk rock somme toute classique à de multiples superpositions synthétiques évoquant la fin des années 70, début 80. Curieusement, ce n’est jamais passéiste et on a l’impression d’entendre un groupe parfaitement ancré dans la modernité. Et la voix de Jim James, subtilement noyée dans la réverbération, vient nimber cette musique de belle façon. C’est une réussite, pas de doute là-dessus!

Coup de chapeau à la réalisation limpide et immédiate qui fait sonner My Morning Jacket comme un groupe «live» qui se sitedemo.cauirait chez vous dans votre salon. Bien sûr, The Waterfall s’écoute d’une seule traite, sans interruption, afin de se laisser immerger par le penchant délicatement immatériel de ce disque. Parmi les pièces de prédilection, on a craqué pour l’aspect «soft-rock à la Wilco» d’Only Memory Remains, le synthé vintage faisant irruption dans In Its Infancy (The Waterfall), le country-folk feutré Get The Point, le changement de rythme inopiné ainsi que le motif de guitare irrésistible entendu dans Spring (Among The Living) et l’inclinaison Father John Misty qui caractérise I Can’t Wait.

Fait à noter, My Morning Jacket fera paraître une autre création en 2016 puisqu’aux dires de Jim James lui-même, le groupe a déjà colligé «douze solides chansons». Oui, c’est une conception sonore parfois duveteuse (un peu trop peut-être?) mais la qualité d’écriture chansonnière, les subtils et somptueux arrangements de même que cette cristalline réalisation surpassent d’une tête cette minuscule «maladresse». Tout bon, encore une fois!

Ma note: 7,5/10

My Morning Jacket
The Waterfall
Capitol/ATO
52 minutes

http://www.mymorningjacket.com

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