Critiques

King Gizzard and the Lizard Wizard

Gumboot Soup

  • ATO Records
  • 2017
  • 44 minutes
7,5

Début 2017. La bande menée par Stu Mackenzie nous annonçait sans tambour ni trompette qu’elle produirait cinq disques au cours de la même année. Juste ça. Ce que votre modeste scribe n’avait pas vu venir, c’est que King Gizzard and the Lizard Wizard finirait bel et bien l’année avec cinq disques au compteur, tous catapultés avec des concepts promotionnels quasi révolutionnaires, et surtout, tous auréolés d’une créativité hors du commun !

Pour le plaisir de la chose, faisons le décompte. En mars, Flying Microtonal Banana était révélé; une création caractérisée par l’utilisation d’instruments accordés de manière « microtonale ». Une première claque sur la mâchoire, du moins en ce qui me concerne. En juin, les jeunes salopards enchaînaient avec Murder of the Universe; un album concept portant sur la résurrection, la fossilisation et, évidemment, la mort. Très bon disque qui m’a fait vaciller sur mes deux jambes. En août, les Australiens revenaient à la charge avec Sketches of Brunswick East, celui-ci conçu avec le Mild High Club. Un excellent intermède jazz-rock. En novembre ? Ils étaient de retour avec Polygondwanaland. Un virage quelque peu prog-rock était alors emprunté. Évidemment, j’ai été mis KO !

Et voilà qu’en pleine période des fêtes, un peu étourdi par cette consommation excessive d’alcool, de cochonneries alimentaires et de tabac qui fait rire, King Gizzard and the Lizard Wizard, comme promis, achève le défi créatif qu’il s’était donné avec Gumboot Soup. Paru la veille du Nouvel An, ce dernier chapitre est un « best of » de chansons qui n’ont pu faire leur place sur les albums précédents, tout simplement parce qu’elles ne cadraient pas dans l’atmosphère de ces productions.

Sans être exceptionnel, cet ultime volet met en lumière la gargantuesque capacité créative de ce groupe. Imaginez, ces pièces – qui tiennent tous la route sans exception – n’ont pu se frayer un chemin sur les parutions précédentes. Cela en dit très long sur tout le talent qui habite la formation.

Par conséquent, l’intérêt d’écouter ce Gumboot Soup réside dans toute cette diversité stylistique proposée au sein d’un même album. Et King Gizzard and the Lizard Wizard conserve une certaine cohérence dans tout cet éclectisme, ce qui permet au mélomane de ne pas être démesurément largué. Les morceaux jazzistiques en côtoient d’autres, plus psychédéliques, certains ayant des liens de parenté avec le stoner metal. Je fais référence ici à l’explosive The Great Chain of Being That. Les tripeux de Red Fang pourraient bien « headbanger » leur vie à l’écoute de cette pièce.

Parmi les autres moments valables à souligner ? L’utilisation du vibraphone dans The Last Oasis – celui-ci bien harmonisé aux mélodies – est des plus intéressantes. All Is Know constitue la parfaite synthèse de ce que peuvent accomplir ces jeunes Australiens, et ce, au sein d’une seule et même pièce. Et Muddy Water est du King Gizzard pur jus; du rock de poteux un brin frénétique.

King Gizzard and the Lizard Wizard a donc terminé l’année 2017 avec un autre disque de qualité. Je leur offre une énième révérence bien sentie pour cette performance musicale époustouflante. Maintenant, je souhaite au groupe de prendre une pause bien méritée afin de recharger les batteries créatives. Ne serait-ce que pour renouveler un tant soit peu la recette et ne pas donner la nausée à tous ces fans qui les vénèrent.

 

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