Critiques

Daniel Bélanger

Chic de ville

  • Audiogram
  • 2013
  • 48 minutes
5,5

ACH003307437_1359176362_320x320Bien des choses se sont passées depuis la sortie de Nous, il y a trois ans, dans la vie de Daniel Bélanger. Tout d’abord, il a composé la musique pour plusieurs pièces de théâtre dont Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, adaptée en comédie musicale par René-Richard Cyr, et qui a connu du succès des deux côtés de l’Atlantique. On a aussi vu (tout en étant franchement surpris) ses premières apparitions à des émissions telles que Star Académie et La Voix. On sait aussi que Daniel Bélanger marche par coup de cœur. Il aime un artiste et il tente de faire un peu pareil sans s’empêcher d’être lui-même. Cela a donné le sublime Rêver Mieux inspiré du groupe français Air.

Déjà, lorsque le simple Je poursuis mon bonheur est apparu au printemps passé, on savait que Bélanger s’en allait dans une nouvelle veine, inspiré du rockabilly. Alors que dire de Chic de ville ? Il faut dire qu’il a voyagé jusqu’à Nashville afin d’enregistrer la section corde, au fameux Blackbird Studio, et qu’il a retenu les services de musiciens d’expérience issus de la scène country et folk… de même que le très talentueux Alex McMahon. Malgré ces prémisses prometteuses, qui mettaient la table pour un album digne des grands classiques du compositeur, on se retrouve face à un opus qui ne fait qu’aborder en surface les racines de l’Amérique.

On aurait pu penser que Bélanger allait y arriver mais non… et c’est malheureux. Même si la deuxième moitié du disque semble plus solide, cette création respire le travail superficiel. Alors que le country/rockabilly est un style de musique si lié à la mélancolie et aux destins malheureux, on retrouve plutôt des pièces léchées incapables de faire passer la moindre émotion authentique. On a même droit à un mauvais slow de graduation avec L’Aube.

Alors qu’on s’attend d’un auteur qu’il se bonifie avec la maturité, les textes sont très loin d’atteindre la qualité à laquelle Bélanger nous avait habitués. Heureusement, Le temps est charognard vient un peu sauver la donne avec son rock’n’roll entraînant, ses percussions percutantes et ses arrangements de voix de tout beauté. Autre bon coup de la galette, l’excellente Traverse-moi qui rappelle les plus belles pièces de Rêver Mieux avec sa suite d’accords non-orthodoxe et Bélanger qui chante avec cœur et âme. Il poursuit dans cette veine avec la minimaliste Le cœur en mille morceaux qui va droit au but.

Bref, à travers la jungle de chansons faibles, on peut trouver deux ou trois bijoux, mais on est loin du sceau certifié « qualité Bélanger ». Malgré tout, Chic de ville est plus intéressant en deuxième partie mais reste tout de même qu’une certaine déception risque de vous envahir à l’écoute. Si cet album est censé nous donner envie de prendre la clé des champs, c’est réussi mais peut-être pas pour les bonnes raisons…

Ma note : 5.5/10

Daniel Bélanger
Chic de ville
Audiogram
48 minutes

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