Critique : Stevenson - Sadboyz - Le Canal Auditif

Critique : Stevenson – Sadboyz

Stevenson est un trio de… Laval… oui, étonnamment. En même temps, c’est un peu normal, c’est quand même la deuxième ville en importance au Québec. La grande différence, c’est que ses musiciens ont tendance à se réclamer plus de la scène montréalaise. N’en demeure pas moins que les trois Lavallois sont Vincent Ford, Francis Oligny et Fred Le Tourneux-Gagnon. Après avoir fait paraître trois EP et une fusion de MakeDamnSure de Taking Back Sunday et Feeling This de Blink 182, la formation lance enfin un premier album adroitement intitulé Sadboyz.

Pourquoi adroitement? Parce que la mélancolie est omniprésente sur Sadboyz. Stevenson fait dans le emo rock très mélodieux qui n’est pas sans rappeler les débuts de Death Cab For Cutie, le projet Lieutenant de Nate Mendel et un tout petit peu The World Is A Beautiful Place and I’m No Longer Afraid To Die. Pour sa part, Ford a une voix qui s’apparente à celle de David Bazan. Tout est en place pour faire plaisir aux fans du genre sentimental.

Et Stevenson relève le défi haut la main. Les pièces de Sadboyz sont accrocheuses, à la fois dynamiques et mélodieuses. La réalisation est juste assez marginale pour ne pas perdre la beauté des chansons, mais ne pas tomber dans le piège des enregistrements trop léchés. La chanson-titre est un bon exemple et résume bien ce qu’on retrouve sur ce premier album :

« Sadboyz you’re getting sadder
Over and by their sadness
Keep downing liquid courage.»
– Sadboyz

Plusieurs chansons frappent dans le mile sur ce premier album de la formation. L’efficace Letters, la quasi langoureuse Card Flight et la plus bruyante Better With Days sont toutes des pièces qui donnent envie de revenir à Sadboyz. Laundry est une sorte de balade, mais franchement champ gauche, avec son instrumentation mixée de manière atypique, ses moments de calme qui surprennent et le chant fort réussi de Vincent Ford. Le groupe prend aussi parfois une tangente plus punk comme le démontrent Wind Frames et la dérangeante Oncle Dog.

Un premier album tout à fait réussi pour Stevenson. Si vous aimez le rock emo, c’est le genre de formation qui risque de vous plaire fortement. On est dans le registre un peu plus proche de la pop dans les durées et les constructions de chansons et ça marche à merveille. Comme quoi, il y a des bonnes chansons qui s’écrivent à Laval!

Ma note: 7,5/10

Stevenson
Sadboyz
Indépendant
36 minutes

https://stevensonson.bandcamp.com/

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