Death Cab For Cutie - Kintsugi - Le Canal Auditif

Death Cab For Cutie – Kintsugi

Death Cab For CutieChaque nouvel album de Death Cab For Cutie amène le même espoir: le groupe va se réveiller. Et malheureusement non. La seule manière d’apprécier Kintsugi est de n’avoir jamais écouté du DCFC pré-Transatlanticism. Le groupe à Ben Gibbard est une autre de ces formations qui viennent du fertile état de Washington. Est-ce la pluie constante du nord-ouest américain qui donne cette couleur mélancolique à leur musique? Impossible de le savoir, mais DCFC a fait une carrière sur la misère humaine et les tribulations amoureuses. Il fut un temps où cela était efficace, mais…

Kintsugi, tout comme Codes & Keys, est terriblement mince. On dirait que Gibbard ne plonge plus. Il n’ose plus se mouiller. Il n’ose plus faire pleurer sa guitare à coup de distorsion un peu «garrochée». C’est le problème de DCFC. À force de polir leur son, le groupe en est arrivé à tout éjecter ce qui faisait leur charme. Peut-être est-ce pour cette raison que Chris Walla a décidé de quitter le navire l’année dernière, qui sait?

Tout n’est pas mauvais sur Kintsugi. Certaines pièces sont accrocheuses et possèdent une certaine substance, entre autres, la rythmée The Ghost Of Beverly Drive. On a l’impression parfois de retrouver le bon vieux DCFC comme sur El Dorado, qui se fait un peu moins propre et laisse voir quelques accords moins usuels.

Mais quand on parle de manque de substance, ce sont des chansons comme Little Wanderer qui sont frustrantes. Alors que jadis, DCFC a écrit l’excellente et nuancée Transantlanticism ou encore la mélancolique et riche Information Travels Faster sur l’amour à distance, il nous offre maintenant un refrain qui a clairement fait le programme complet de Weight Watchers: «You’re my wanderer, little wanderer/Off across the sea/You’re my wanderer, little wanderer/Won’t you wander back to me». C’est un peu ennuyeux.

On a parfois l’impression qu’il est trop tard et que le talent d’auteur de Gibbard s’épuise. Pourtant, il est tellement talentueux… Expliquer les deux derniers albums devient de plus en plus difficile. Trop grosse machine? Besoin d’un réalisateur qui poussera la formation au-delà de leurs réflexes? Difficile de dire ce qui ferait en sorte d’extirper DCFC du marasme dans lequel il semble confiné. Et pourtant, l’espoir ne nous quitte jamais vraiment…

Ma note: 5,5/10

Death Cab For Cutie
Kintsugi
Atlantic Records
45 minutes

http://blacksun.deathcabforcutie.com/

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