Bruce Springsteen - High Hopes - Le Canal Auditif

Bruce Springsteen – High Hopes

144663Près de deux ans après le convenable Wrecking Ball, le vétéran Bruce Springsteen revient à la charge aujourd’hui même avec son dix-huitième album studio en carrière intitulé High Hopes. Encore une fois réalisé par Ron Aniello (Barenaked Ladies, Candlebox), le Boss s’est adjoint les services de Tom Morello (Rage Against The Machine, Audioslave) à la guitare afin de l’appuyer dans son «arena rock». The Boss (âgé de 64 ans) a quand même réussi à tenir son bout au cours des dernières années faisant paraître quelques bons albums, entre autres, The Rising, Devils & Dust et We Shall Overcome: The Seeger Sessions.

Sur ce High Hopes, Springsteen nous présente un ramassis de ritournelles qui traînaient au fond de son tiroir depuis de nombreuses années, des relectures rock de The Ghost Of Tom Joad et de American Skin (41 Shots) et deux interprétations relativement obscures: Dream Baby Dream de la formation électro-rock américaine Suicide et Just Like Fire Would du groupe australien The Saints

Alors, pourquoi faire paraître ce High Hopes? Et bien, on ne voit aucune autre raison que celle de renflouer les goussets de certains gros bonnets chez Columbia Records. Artistiquement parlant, il n’y a aucun motif valable afin de mettre sur le marché un disque aussi peu cohérent au niveau de la direction artistique. De plus, le travail d’Aniello derrière la console est tout simplement navrant; une réalisation lisse, pépère et boursouflée, qui plaira sans aucun doute aux mélomanes avides de conservatisme musical.

Ceci dit, puisque Springsteen est un maître en ce qui concerne l’interprétation sentie de ses chansons, cet album parvient à éviter de justesse la catastrophe et ce n’est pas étranger à l’apport musical prodigué par Tom Morello qui, par son jeu de guitare inventif et inspiré, permet à ces morceaux rock sans aspérités de demeurer conformes. Par exemple, on pense à ce duel guitaristique entre Morello et Springsteen sur The Ghost Of Tom Joad. Les aficionados de tonitruants solos de guitares seront assurément comblés.

Si les pièces aux effluves rock de ce High Hopes sont quelconques, on peut en revanche avouer que les morceaux tempérés, sur lesquels Springsteen peut mettre aisément à profit son indéniable talent d’interprète, sont somme toute aboutis; particulièrement The Wall (écrite en 1998) et la prenante Dream Baby Dream. On note au passage deux ratages complets: la chanson-titre High Hopes (un rock-latino cuivré faisant penser à Carlos Santana…) et un rejet de l’album The Rising titré Harry’s Place; pièce qui aurait pu éclore sans difficulté sur le pontifiant Born In The U.S.A. On exagère à peine…

Sans être la désolation totale, cet album (qui est révélé jour pour jour, à la même date que la première offrande en carrière de Springsteen, Greetings From Asbury Park, NJ.) ressemble à une opération marketing visant tout simplement la profitabilité. Sinon, Bruce Springsteen est en très très sérieuse panne d’inspiration! Ce disque permettra probablement aux véritables fanatiques du Boss d’attendre patiemment la sortie d’une authentique œuvre de création de la part du songwriter. Très ordinaire!

Ma note : 4,5/10

Bruce Springsteen
High Hopes
Columbia Records
57 minutes

brucespringsteen.net

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