Critique : Nine Inch Nails – The Fragile : Deviations 1 - Le Canal Auditif

Critique : Nine Inch Nails – The Fragile : Deviations 1

Septembre 1999. Après 5 ans d’attente, Trent Reznor lance le troisième album de son projet principal, Nine Inch Nails. C’est un album double étouffant et très peu accessible qui laisse les critiques de l’époque perplexes. Je me souviendrai toujours de la critique de Claude Rajotte qui l’avait descendu en flammes à l’époque, lui préférant de loin le travail de Marilyn Manson sur Mechanical Animals.

Le temps a passé et The Fragile est devenu un classique culte parmi les fans de NIN. Certains vont même jusqu’à le considérer comme étant supérieur à The Downward Spiral. Je ne vous cacherai pas que je suis le premier à faire partie de ceux-là. Pour moi, ce disque-fleuve est le seul album double de l’histoire du rock irréprochable. Enfin presque. J’ai toujours eu de la difficulté à aimer Starfuckers Inc., simple ajouté à la dernière minute sur l’album par peur de l’échec commercial qui détonne beaucoup trop avec l’ensemble. Pour faire court, j’ai passé les 17 dernières années à le faire tourner régulièrement. Je connais les moindres racoins de l’édifice et je pourrais réciter toutes les paroles de l’album sans même l’entendre.

Décembre 2016 : Reznor annonce la sortie d’un nouvel EP et la réédition intégrale de sa discographie en vinyle. La cerise sur le sundae : on sait désormais que la version retravaillée de The Fragile mentionnée maintes fois en entrevue s’intitule The Fragile : Deviations 1 et qu’elle sera remplie de titres inédits, en plus d’être totalement instrumentale et uniquement offert en album vinyle quadruple, pour un total de plus de 2 heures et demie.

Shut up and take my money.

Avec ce Deviations 1, on se retrouve devant une œuvre encore plus dense, éditée et modifiée par Reznor et Atticus Ross, partenaire créatif de longue date et nouveau membre en règle de NIN. Certaines modifications subtiles ont été ajoutées par-ci par-là à certaines pièces alors que d’autres sont des prises alternatives des versions originales. Le vrai fun ici, par contre, c’est de découvrir les 12 titres inédits qui ajoutent assez de valeur à l’œuvre originale pour que l’on considère cette nouvelle version au-delà d’une simple réédition. Le choix d’écarter complètement les voix de l’œuvre est également très intéressant et permet à l’auditeur de (re) découvrir toutes les subtilités du travail de Trent Reznor, Alan Moulder, Adrian Belew et les autres, même si l’on a parfois l’impression d’être dans un karaoké.

Pour le fan de longue date, Deviations 1 fera l’effet de lire le roman original, enfin, après avoir vu le film plus de 500 fois. Pour les autres, ce ne sera peut-être pas la porte d’entrée la plus facile pour s’initier à l’univers de NIN. Cela dit, pour les connaisseurs, c’est très difficile de ne pas se mettre à hurler «The clouds will part and the sky cracks open and god himself will reach his fucking arm through just to push you down, just to hold you down» pendant The Wretched. J’aurais vraiment aimé ne pas connaître l’original avant de faire l’écoute de cette version, ne serait-ce que pour découvrir les paroles après les avoir préalablement inventés dans ma tête, dans le char, de Montréal à Québec, pendant deux heures et demie, à répétition.

MA NOTE: 8,5/10

Nine Inch Nails
The Fragile: Deviations 1
Null Corporation
154 Minutes

www.nin.com

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