Critique : Le Cerf-Malade - De bonnes intentions - Le Canal Auditif

Critique : Le Cerf-Malade – De bonnes intentions

Le Cerf-Malade est une formation de Jonquière, qui fait dans le rock fortement inspiré du rock alternatif des années 90. Celle-ci tourne autour du batteur et chanteur Thomas Racine qui compte sur l’apport de Louis Durocher et Pierre-Maxime Saulnier aux guitares ainsi que Nicolas-Patrice Ménard à la basse. On décèle dans leur musique des influences qui viennent de Failure, The Pixies et un peu même de Malajube, plus près de nous.

De bonnes intentions est un album plein de chansons mélodieuses où la distorsion se fait chaude et présente. Sur l’ensemble c’est bien réussi, Racine possédant un talent pour les mélodies vocales accrocheuses sans non plus tomber dans le pastiche. Les guitares sont aussi marquées par les riffs qui gagnent les oreilles rapidement.

« Et les jours s’étirent assez
Pour que j’atteigne le bout
De ses pieds »
— Février

Février est un bon exemple. Tout au long de la pièce, les moments musicaux intéressants alternent des moments chantés d’un air totalement intoxicant. Victoria est un autre bon coup et gagne rapidement les tympans avec sa mélodie efficace. Par contre, cette dernière manque un peu d’originalité dans la composition. Racine est habile avec les mots. Il dit beaucoup avec peu. Infirmière, qui n’est pas sans rappeler l’excellente The Nurse Who Loved Me de Failure, fait belle figure avec son rock plus lent et appuyé qui verse dans le bruyant régulièrement. Et Racine couche ces quelques phrases très efficaces :

« Je me disais que, peut-être, tu pourrais m’attraper si je passais la fenêtre du centre hospitalier. Elle est encore entrouverte; je suis toujours couchée, à confondre mes tempêtes avec celles de janvier »
— Infirmière

La seule chose qui joue contre le groupe est que parfois on a l’impression qu’ils recyclent des astuces de l’époque et les servent sans les jazzer. Certaines chansons tombent aussi un peu à plat. Comme la surprenante, mais pas si impressionnante Toronto. On les suit difficilement dans le choix d’enchaînement. SpaceJam n’est pas mauvaise, mais manque un peu de panache.

Dans l’ensemble, par contre, c’est mission accomplie pour Le Cerf-Malade. On va se le dire, ce n’est pas facile de rouler sa bosse dans un style aussi marginal en région. Le quatuor le fait avec courage et intelligence. Il y a plus que De bonnes intentions sur cet album, il y a aussi pas mal de talent.

Ma note: 7/10

Le Cerf-Malade
De bonnes intentions
Indépendant
40 minutes

https://lecerfmalade.bandcamp.com/

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