Failure - Fantastic Planet - Le Canal Auditif

Failure – Fantastic Planet

FailureDix-huit ans c’est long. Je dirais même que c’est crissement long quand t’attends après quelque chose. Dix-huit ans c’est le temps que la très solide formation Failure a pris pour concocter un nouvel album intitulé The Heart Is A Monster. Ce disque voit officiellement le jour aujourd’hui et c’est mon bon ami Mathieu Robitaille qui en fait la critique pour vous, ici même sur Le Canal Auditif.

Heureusement, avant de nous abandonner subitement en 1996 pour de nouveau se réunir l’année dernière, le groupe américain a eu la brillante idée de proposer un chef d’œuvre intitulé Fantastic Planet. Ironiquement, c’est après leur séparation que Failure a connu un succès d’estime. La formation qui compte désormais quatre albums est depuis fort respectée, voire même adulée par bien des fans et des groupes musicaux, mais n’a jamais reçu l’approbation du plus grand nombre.

Le trio composé de Greg Edwards, Ken Andrews et Kellii Scott a lancé ce magistral Fantastic Planet au mois d’août 1996. Pour vous situer dans le temps, c’est cette période où presque tout était appelé rock alternatif. Weezer faisait du rock alternatif, No Doubt faisait du rock alternatif, Metallica essayait de faire du rock alternatif pis Def Leppard était juste mauvais.

Admirablement bien réparties sur une même galette, les dix-sept chansons de Fantastic Planet donnent comme résultat final un splendide album d’une durée de soixante-huit minutes. Bien qu’il soit assez facile de faire une affiliation entre cette offrande et les années 90, cet enregistrement passe l’épreuve du temps admirablement bien. Voilà un disque qui ne semble pas prendre de rides trop prononcées. Tout le contraire de quelques actrices d’Hollywood aux innombrables chirurgies plastiques.

Cette galette a su m’accompagner à travers mes moments les plus joyeux comme mes moments les plus tristes et elle sait encore aujourd’hui me faire sourire de bonheur ou parfois même, m’arracher une petite larme. Je suis une brute au cœur de granit, mais il m’arrive à l’occasion d’avoir des émotions.

Ce disque est à mes oreilles d’une immense beauté. Évidemment la beauté demeure subjective, mais je crois que cet album possède plusieurs grands moments ultras mélodieux qui sont habilement combinés à d’autres moments qui nous salissent les canaux auditifs adéquatement, et ce, à l’aide d’un rock juste assez crasseux pour plaire aux amateurs de rock plus pesant. L’harmonie musicale que l’on y retrouve entre les trois membres est tout simplement parfaite et sans faille.

Ken Andrews qui est le chanteur-guitariste de la formation possède de belles qualités vocales. Ses mélodies sont réfléchies, très bien exécutées, et pour la plupart du temps assez singulières. Son jeu de guitare est quant à lui très satisfaisant et diversifié. Il lui arrive aussi de jouer de la basse sur quelques morceaux. À noter que c’est aussi lui qui réalise l’album et qu’il le fait de façon remarquable. Une réalisation d’une grande ingéniosité, remplie de subtilités, et qui sonne comme une tonne et trois quarts de briques industrielles. J’imagine qu’il a su prendre quelques notes du brillant Steve Albini qui avait réalisé l’effort précédent du groupe.

C’est Kellii Scott qui s’occupe de la batterie et il accomplit sa tâche parfaitement. Un batteur efficace aux multiples facettes qui sait toujours rendre service aux chansons par sa grande intelligence musicale.
Pour ce qui est du troisième membre, Greg Edwards, il utilise sa basse comme une arme de destruction massive. Une basse très généreuse qui, bien qu’elle soit régulièrement salie par une distorsion imposante, est hyper bien définie. À mon humble avis, il s’agit de l’un des plus beaux sons de basse de toute l’industrie musicale. À certaines occasions il délaisse sa basse au profit d’une guitare électrique qu’il maîtrise aussi très bien.

Parmi les dix-sept chansons offertes, plusieurs sont marquantes et mémorables. Je n’ai qu’à penser à la solide Smoking Umbrellas, la cadencée Pillowhead, la douce et jolie Blank, la sublime et majestueuse The Nurse Who Loved Me, la puissante Stuck On You et à l’explosive Daylight qui clôture l’album.

Alors pour ceux et celles qui ne connaissent pas ce merveilleux disque, embarquez dans le vaisseau, bouclez vos ceintures et allez visiter leur planète fantastique. Un beau et long voyage est à prévoir avec ce space rock que l’on peut écouter à répétition sans risque de laisser des séquelles au cerveau.

Failure
Fantastic Planet
Slash Records/Warmer Bros.
68 minutes
Paru en 1996

Liste des chansons:

1. Saturday Saviour
2. Sergeant Politness
3. Segue 1
4. Smoking Umbrellas
5. Pillowhead
6. Blank
7. Segue 2
8. Dirty Blue Balloons
9. Solaris
10. Pitiful
11. Leo
12. Segue 3
13. The Nurse Who Loved Me
14. Another Space Song
15. Stuck On You
16. Heliotropic
17. Daylight

http://www.failureband.com

Commentaires

  1. PL a écrit : :

    Tellement une bonne revue du mythique band Failure… – Que j’ai découvert grâce à un passionné de musique au show de Autolux à la Sala Rosa y’a quelques années déjà! – Yessir. Bien hâte de les voir au FEQ dans quelques jours.
    Thanks!

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