Critique : Beyries - Landing - Le Canal Auditif

Critique : Beyries – Landing

Amélie Beyries lançait la semaine passée son premier album. La jeune femme le fait avec la trentaine bien entamée. C’est surprenant de voir une artiste se lancer ainsi dans un âge où la raison devrait normalement te retenir. Mais Beyries en a suffisamment vu et vécu pour comprendre que la vie ne te laissera pas toujours le temps de faire ce que tu veux quand tu le veux. Un événement est venu tout chambouler en 2008, alors qu’elle était âgée de 29 ans. Un cancer du sein. Une cochonnerie. Il n’y a pas d’âge pour avoir un cancer, mais 29 ans, c’est jeune en torpinouche. C’est à ce moment, qu’elle s’est mise à la composition.

Landing est un album surprenant. Ça aurait pu être très conventionnel, mais Beyries évite tous les pièges qui étaient cachés sur le chemin de ce premier record. Landing nous offre un folk pop mélodieux et souvent magnifique. La voix de la jeune femme est à la fois attendrissante, émouvante et en contrôle du début à la fin de la galette.

Quand je dis que ça aurait pu être conventionnel, c’est qu’elle nous joue souvent des tours. Alone qui ouvre la marche commence avec une mélodie assez simple, une guitare et quelques notes de piano. Si c’était resté à ce niveau, la pièce serait passée dans le beurre. Tout le génie de Beyries réside là. Tranquillement, la pièce amasse de la force et les instruments se greffent à la trame. Puis, elle nous envoie un « The sky turns to grey in a minute » avec un peu de réverbération et paf! On tombe dans une envolée magnifique et touchante. Mission accomplie.

Beyries nous démontre sa force d’écriture et de composition avec Soldier, pièce phare de Landing. Son refrain fait penser à Elton John avec ses inflexions de voix si particulière. Amélie Beyries nous chante ça en anglais du début à la fin, mais question de s’éviter les : « en français s’il-vous plaît », elle nous offre l’émouvante J’aurai cent ans. Louis-Jean Cormier y prête main-forte, avec toute l’intelligence musicale et le talent qu’on lui connaît. Les paroles sont signées par l’acteur Maxime Le Flaguais.

On reconnaît beaucoup de similitudes entre ce que Beyries propose et la pop adulte contemporaine des années 70-80. Wondering avec sa partition de piano qui est au centre de la composition, les sonorités de guitares électriques et les percussions à la fois sages et bien exécutées, nous ramène à cette époque. N’allez pas penser que ça sonne dépassé pour autant. Par contre, il est vrai que les textes de Beyries sont relativement simples. On ne se perd pas en poésie. On reste ancré dans un réalisme très clair et limpide.

Amélie Beyries fait bien ça pour un premier album. Elle nous offre une collection de chansons qui sont à la fois touchantes, hyper mélodieuses et assez fédératrices sans non plus tomber dans le fade et beige. Elle en a vécu des choses la jeune femme et nous les livre avec authenticité et contrôle. Elle nous livre plutôt un Landing qui transpire la force de caractère. Comme elle le dit si bien :

«I’m a lady in a mister
Followed my heart and my nature
I couldn’t go further
Cause my name is not Robert

I’m a warrior.»

– The Pursuit of Happiness

Ma note: 7,5/10

Beyries
Landing
Bonsound
36 minutes

https://www.beyriesmusic.com/

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