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POP MONTRÉAL 2016: le compte-rendu de LP Labrèche (Jour 1 et Jour 2)

pop montréalLes locaux du 3450 Saint-Urbain qui se déguise en quartier général de POP Montréal étaient noir de monde… comme d’habitude. À travers les allées et venues, il y avait beaucoup de musique et de gens bien heureux de se replonger cette grand-messe de la musique marginale d’ici et d’ailleurs. Pour ma part, ma soirée a commencé au Quai des Brumes avec le lancement d’album de Barrdo. Ce dernier est le bébé de Pierre-Alexandre, grand manitou derrière Poulet-Neige. Disons-le d’entrée de jeu, Barrdo, ç’a de la gueule. De gros riffs de guitares psychédéliques agrémentés d’une lourdeur particulièrement efficace. PA s’est entouré d’un solide groupe de musiciens pour l’adaptation scénique. On y compte Sam Beaulé (oui, oui, notre critique + Samito) à la basse, Julien Déry (Mauves, Notre-Père) à la guitare et Charles Blondeau (Mauves, Babylones, Maude Audet) à la batterie. Il a même invité un chanteur arabe pour une pièce et c’était tout à fait magnifique.

Puis, je me suis rendu au Divan Orange pour attraper une partie du spectacle de Sébastien Grainger (DFA 1979). Celui-ci était en solo avec sa guitare légèrement abrasive. Il nous a soumis de nombreux essais, certains qui tombaient un peu à plat. Les chansons sont toujours en cours de construction et ça paraît dans le rendu. Quelques-unes étaient carrément convenues. Le meilleur moment de sa prestation est venu avec sa reprise de Wainting Around To Die de Townes Van Zandt. Il nous a expliqué que ce choix s’est imposé puisqu’il est arrivé à Montréal grippé et un ami lui a refilé un sirop à la codéine. Il a particulièrement apprécié et continué une fois le pire passé. Cela lui a inspiré cette reprise.

Par la suite, j’ai quitté pour le Ritz P.D.B. pour attraper la solide performance de LVL UP. Le groupe américain fait paraître aujourd’hui son nouvel opus et ils avaient décidément hâte d’en présenter les chansons. Ils ont offert une performance convaincante pendant laquelle l’emo lo-fi flirte avec le punk mélodieux. On se trouve quelque part entre The World Is A Beautiful Place To Die ou encore le Death Cab For Cutie des débuts et parfois Weezer. Une très belle découverte en ce mercredi soir. Leur excellente prestation a fait un peu d’ombre à Todd Slant qui suivait. Après toute cette énergie, l’indie-rock plus poignant du jeune américain passait un peu dans le beurre. Par contre, on doit dire que la batterie non conventionnelle de Slant est très intéressante. Il joue debout avec une sorte de «bass drum» modifiée et couchée, une «crash» brinquebalante et une caisse claire. Il possède une belle voix fragile qui semble toujours sur le point de casser sans jamais franchir la limite. Malgré les quelques moments intéressants, je n’étais toujours pas convaincu lorsque j’ai quitté la salle.

Ma soirée de jeudi s’entamait de façon festive. C’était jour de célébration pour la maison de disque montréalaise Secret City Records qui compte dans ses rangs Suuns, Patrick Watson et The Barr Brothers, pour ne nommer que ceux-là. Et je vous dis franchement, les bébés burgers étaient bons à s’en lécher les doigts. Bon, je ne vous parlerai pas des petits plaisirs mondains tout au long de mon compte-rendu, l’important c’est la musique. Parlons-en de musique! Ma soirée auditive s’amorçait en compagnie d’Helena Deland qui nous a présenté les pièces issues de son EP Drawing Room. La jeune femme nous a offert toute la beauté et l’intimité qu’on retrouve sur l’album. Parfois, c’était un tantinet plus rock, mais toujours touchant. Aix a été un moment fort tout comme la pièce Baby. Il faut dire aussi que ses musiciens assurent. Mathieu Bérubé, Alexandre Larin (Rust Eden) et Francis Ledoux (Fire/Works, Jesse Mac Cormack) ont tous ajouté leur petit grain de sel avec justesse. Puis, Deland cédait la place à une légende: John Cale. Celui qui a cofondé The Velvet Underground nous a servi une sacrée leçon de musique du haut de ses 74 ans. Thoughtless Kind, I’m Waiting For The Man et Hanky Panky Nohow ont tous été des moments fabuleux. Pour la dernière chanson, Cale souriait puisque les gens se faisaient aller les bras. Un vétéran qui prend encore un plaisir immense à faire de la musique et la présenter à un auditoire. Tel un charmeur de serpents, il nous a ensorcelés et menés du bout de ses doigts pianotant. Et un gros respect pour les musiciens qui l’accompagnaient qui rivalisaient les uns, les autres, de prouesses musicales.

Je me remettais à peine de mes émotions que j’étais monté à l’étage pour voir Jesse Mac Cormack nous livrer les pièces de son nouvel EP qui paraissait la semaine dernière. Le jeune homme a livré une performance touchante et même un peu plus rock qu’à l’ordinaire. Certaines des nouvelles pièces sont marquantes par leurs changements de rythmes aussi surprenants que coulants. Pour la suite des choses, je me suis dirigé au Fairmount pour écouter Fake Palms, groupe venu de Toronto. Le quatuor a offert une solide performance juste assez bruyante. Ils offrent un punk lo-fi, mais très sale, qui crée un effet de chaos auditif bien intéressant. Comme disait adroitement mon ami Fred: plus la batterie est présente plus ça marche. En effet, lorsque le batteur joue de manière énergique, ça donne une dimension plus impressionnante au groupe. Finalement, c’était au tour des très attendus Holy Fuck de prendre la scène. Ils n’ont pas déçu avec des pièces entraînantes, dissonantes et bruyantes. Le Fairmount a été instantanément conquis alors que le quatuor donnait une performance incarnée et intense. Voilà qui termine mes deux premiers jours de POP Montréal et j’ai déjà hâte pour la suite.

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