Métal / Industriel Archives - Page 31 sur 31 - Le Canal Auditif

The Mars Volta – Noctourniquet

Voilà un album qui était très attendu! Après une gestation de trois ans, la plus longue dans l’histoire du groupe, Rodriguèz-Lopez, Bixler-Zavala et leurs compagnons arrivent avec un nouvel opus, toujours aussi conceptuel que les précédents. Né d’une combinaison de la comptine pour enfant Solomon Grundy et du mythe grec de Hyacinthe, tué par la flèche d’Apollon, le groupe nous emporte dans un voyage unique. The Mars Volta livre rarement une musique facile d’approche et cet album n’y fait pas exception.

Alors que la formation a abandonné au fil des ans le côté plus enragé qui dominait des albums comme The Bedlam in Goliath, la complexité de leur création n’a pas du tout diminué. Noctourniquet s’inscrit directement dans la lignée d’Octahedron, l’œuvre antécédente. Le quintet d’El Paso ouvre la marche avec The Whip Hand où l’électro côtoie les guitares légèrement distortionnées et la voix haut perchée de Bixler-Zavala. L’album est peuplé de pistes comtemplatives et Empty Vessels Make The Loudest Sound est un très bon exemple. Ce morceau nous démontre également l’étendue du talent du batteur Deantoni Parks; une véritable machine derrière les fûts.

Autre pièce marquante de l’album, la surprenante In Absentia où les sons programmés nous enveloppent généreusement pendant que le vocaliste propulse l’auditeur dans la stratosphère, transporté par ces magnifiques vocalises. Si c’est un album tranquille pour The Mars Volta, n’allez pas croire qu’eux et Céline Dion seront sélectionnés dans la même catégorie aux Grammys.

Plus que jamais, The Mars Volta exprime clairement la maturité qui les habite et en plus d’être extrêmement créatifs, ils maîtrisent leurs instruments à la perfection. Petite note pour les fans, pour la première fois depuis 2003, John Frusciante n’était pas en studio avec la formation, préférant se concentrer sur ses projets personnels. Bref, Noctourniquet plaira aux fans et sera peut-être la porte d’entrée pour une nouvelle génération d’auditeurs.

Ma note : 8,5/10

The Mars Volta
Noctourniquet
Warner Records
65 minutes

www.themarsvolta.com/

Mastodon – The Hunter

Pour souligner le passage du groupe Mastodon à Montréal le 23 novembre dernier, j’ai songé à me pencher sur leur dernier opus:The Hunter. Les métalleux d’Atlanta nous ont présenté ce nouvel album, il y a un peu plus d’un mois. Alors que Crack the Skye était un album complexe et conceptuel, The Hunter se présente comme plus direct. D’ailleurs, le leader du groupe Brent Hinds l’avait spécifié avant la sortie.

Dès les premières notes, on comprend que nous avons affaire à une version plus Leviathan que Blood Mountain du groupe. Par contre, les barbus n’ont rien perdu de leur incroyable sens de la mélodie; les chansons The Creature Lives et Curl of the Burl en sont deux bons exemples. La chanson titre de l’album, à l’instar de la chanson The Sparrow, nous emporte dans une transe lente et émotionnelle alors que Brent Hinds nous chante la mort de son frère dans un accident de chasse. Encore une fois les harmonies vocales créées entre les trois chanteurs sont magnifiques. Très peu de groupes possèdent la puissance vocale et surtout l’atout de pouvoir compter sur trois voix différentes qui se complètent à merveille. Par contre, il faut noter que cet opus est le plus tranquille du quatuor américain.

Malgré que Mastodon ne fasse pas de la musique simple, il reste que la complexité de Crack the Skye ne s’y retrouve pas, ce qui est dommage. Je vous recommande fortement The Hunter, si vous aimez le métal intelligent et pertinent… et si vous n’étiez pas au Métropolis lors de leur concert, je peux vous assurer que vous avez manqué une prestation puissante et unique au monde.

Ma note : 3,5/5

Mastodon
The Hunter
Roadrunner Records
53 minutes

mastodonrocks.com

Lou Reed & Metallica – Lulu

Jamais eu autant de difficulté à émettre une opinion concernant un disque; signe que Lulu, œuvre unissant Lou Reed et Metallica est à classer dans un registre que mes oreilles n’ont jamais entendu. Mise en garde numéro un: cet album raconte l’histoire d’un jeune danseur à l’identité sexuelle ambigue (un homme ou une femme?) maltraité physiquement et moralement, qui bien évidemment, entretient des relations troubles avec les autres. Donc, rien de bien jojo. Mise en garde numéro deux : ce disque demande un effort auditif essentiel et une ouverture d’esprit supérieure à la moyenne…

Le disque s’est construit à partir des enregistrements et des textes de Lou Reed inspirés directement des pièces de théâtre très controversées, et crées au début du vingtième siècle, par le dramaturge allemand Frank Wedekind. Alors que dans la blogosphère et dans certains médias, on s’amuse à ridiculiser joyeusement ce disque, j’ai découvert en Lulu, une œuvre avant-gardiste; un hybride déconcertant associant le métal, le rock et la poésie. Réunissant un groupe et un poète musicien aux égos et aux prétentions démesurés, Lulu représente une collaboration surprenante… mais c’est loin d’être le bide que j’avais anticipé!

C’est un disque qui raconte une sombre histoire aux relents délétères, pleine de vices et de troubles, soutenue par une musique appropriée, qui colle directement aux textes de Lou Reed. Lulu est un coup de théâtre musical évoquant Berlin, le classique de Reed paru en 1973 et qui, à l’époque, avait été malmené par la critique. Aujourd’hui, qui pourfend Berlin? Alors, sans nécessairement être un monument, Lulu est un disque audacieux, presque inédit et d’une qualité artistique certaine.

Oui, les inflexions vocales de Hetfield sont parfois agaçantes, la voix tremblotante et dissonante d’un Lou Reed se faisant vieux est parfois insoutenable et la musique de Metallica peut sonner ringarde mais ces ingrédients disparates, voire même rebutants, mis ensemble donnent un résultat unique et étonnant. Les fans de Metallica détesteront, les « alternos » purs et durs également et les « hipsters » dégobilleront leur haine sur ce disque. Pour ma part, je laisserai sagement le temps faire son œuvre…

Ma note : 2,5/5

Lou Reed & Metallica
Lulu
Warner Brothers/Vertigo
86 minutes

loureedmetallica.com

Puscifer – Conditions Of My Parole

Puscifer arrive avec un deuxième album entièrement composé de pièces originales. Si le premier opus fût pour Maynard James Keenan une façon de créer autrement que dans le cadre très mathématique et intense de Tool, le deuxième lui, se distancie moins de l’esprit de la formation métal. Il faut le dire, l’auditeur moyen trouvera difficile Conditions Of My Parole et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les chansons ne sont pas construites dans le même moule; Keenan s’est permis d’être éclaté dans ses compositions et le tout donne un résultat très éclectique.

Cependant, cette diversité joue en faveur du compositeur, qui pour l’occasion s’est entouré de gens de talent : Jon Theodor (ex-Mars Volta), son fils Devo et deux membres de Ashes Divide; Matt Mcjunkins et Jeff Friedl entre autres. Keenan, fortement influencé par le désert de l’Arizona, où il cultive la vigne vinicole, a tout enregistré dans son domaine. D’ailleurs les pièces Moonson et Telling Ghost sont des imageries du travail acharné qu’il conduit dans cette région réfractaire à l’agriculture. Et que serait un album du leader de Tool sans une analogie biblique que l’on retrouve dans The Rapture qui est de loin le morceau le plus lourd de l’album. Nous retrouvons aussi sur le disque, un côté plus méditatif qui invite à la transe, que ce soit à travers les riffs de guitares très répétitifs ou à travers les harmonies vocales du chanteur qui nous portent rapidement au-dessus du sol.

Le fan de Maynard James Keenan adorera, l’auditeur averti y trouvera un certain plaisir et monsieur tout le monde devra faire un effort. Bien que l’album ne soit pas le plus innovateur de l’année, il reste que tout y est fait avec minutie et l’on ne peut reprocher à Keenan d’être complaisant avec les années.

Ma note : 3,5/5

Puscifer
Conditions Of My Parole
Puscifer Records
52 minutes

puscifer.com

http://www.youtube.com/watch?v=bPC9wvTpvL4