Métal / Industriel Archives - Page 30 sur 32 - Le Canal Auditif

Baroness – Yellow And Green

Vous avez sans doute déjà écouté un album et après une ou deux écoutes, vous vous dites: « C’est bizarre… ça passe du rock à la balade pis ça détonne… Ouach! Ouach! Ouach! » (exprimé avec la même intonation que Guy A. Lepage dans ses années RBO). Eh bien, avec Yellow & Green, Baroness, groupe originaire de Savannah en Géorgie, prouve que c’est possible et de belle façon en prime. À l’origine, classé comme un groupe de métal progressif, celui-ci se tourne vers un nouvel horizon sur cet opus; et difficile de savoir où cette route les mènera.

L’album s’entame sur une très belle Yellow Theme avec une mélodie paisible et un effet de flanger de toute beauté. D’ailleurs, sur les dix-huit pistes de cet album double, on peut goûter souvent à ce type de guitare; Eula, Collapse, Stretchmarker et I Forget Thee en sont de très bons exemples. Le groupe comblera tout de même les amoureux de la lourdeur avec l’entraînante Take My Bones Away, la rapide Sea Lungs et l’agressive The Line Between, où vous noterez que le chanteur John Baizley pousse des inflexions vocales à la David Gilmour. Ce n’est pas peu dire! March To The Sea, Little Things et Psalms Alive possèdent, quant à elles, des sonorités qui rappellent certains groupes indies. On entend la diversité de leur son, ce qui n’est pas sans charme. Autres pièces dignes de mentions: Back Where I Belong pour sa mélodie accrocheuse, MTNS pour un des plus beaux riffs qu’il m’ait été donné d’entendre dans ma vie combiné à un jeu de batterie quasi parfait, Foolsong pour sa tragédie inhérente, Cocainium pour son harmonium et Twinkler pour sa flûte traversière et son chœur.

Bref, comme vous avez pu le constater, j’ai parlé de presque toutes les chansons et vous savez pourquoi? Parce que des tounes ordinaires, il n’y en a pas sur cet album! On sent que Baroness se rend à quelque part. Il serait arrogant de prédire l’arrivée, mais une chose est sûre: le chemin est beau, émouvant, intelligent et raffiné musicalement parlant. On dit souvent que le chemin parcouru qui mène à nos désirs est plus important que le but lui-même. Je crois que c’est un dicton qui sied bien à ce Yellow & Green. À vos écouteurs moussaillons!

Ma note : 8/10

Baroness
Yellow & Green
Relapse Records
75 minutes

baronessmusic.com/

Storm Corrosion – Storm Corrosion

Vous ne connaissez pas Storm Corrosion? C’est tout à fait normal. À moins d’être des grands fanatiques d’Opeth ou de Porcupine Tree, ce n’est pas le genre de projet musical qui retient l’attention des médias. Alors que les gens s’attendaient à un genre de super-groupe métal progressif lors de l’annonce de la collaboration, Mikael Âkerfeld (Opeth) et Steven Wilson (Porcupine Tree) ont plutôt opté pour l’expérimentation. Et qu’est-ce que ça donne? Un album tout en progression qui est d’une subtilité et d’une intelligence assez particulière. Oubliez les mélodies accrocheuses et les refrains, la galette n’en comptent pas du tout. On y trouve plutôt un travail de sonorité, de voix et d’ambiance. Les pièces qui composent l’album sont bien plus près de la musique de film que de la musique populaire.

L’opus s’entame sur Drag Ropes et ses instruments à cordes. L’arrangement musical fût largement fait par Wilson et cela paraît dans le rendu final. On retrouve des sonorités et des rythmiques qui seront familières à ceux qui connaissent Porcupine Tree. Âkerfeld délaisse la distorsion pour des sons de guitares légers et très léchés. Le duo n’a pas hésité à utiliser des effets de chœur chantant en canon ce qui, au final, donne un résultat plus grand que nature. La première pièce de la galette étant un bon exemple de ce procédé. Le deuxième morceau intitulé Storm Corrosion laisse, pour sa part, la place à de la flûte et à une guitare acoustique. Lock Howl est la seule pièce qui attaque avec une rythmique plus soutenue. Étrangement, cela ne fait pas en sorte qu’elle détonne de l’ensemble qui somme toute est plus calme.

Que dire de l’album? Définitivement un disque audacieux et composé de main de maître par Wilson et Âkerfeld. Je vous le recommande. C’est un disque tout en progression qui vous mènera à travers un voyage singulier, une qualité bien rare pour un disque. Bien que les deux musiciens aient exprimés le désir de retravailler ensemble suite à cette collaboration, ils n’ont pas voulu se prononcer sur le futur de Storm Corrosion. D’ailleurs, vous serez à même de constater dans le court métrage qui est l’extrait de l’album.

Ma note : 8/10

Storm Corrosion
Storm Corrosion
Roadrunner Records
48 minutes

//stormcorrosion.com/

Gojira – L’enfant sauvage

Gojira (prononciation japonaise de Godzilla) est un groupe de heavy métal français. Très peu connu du grand public, Gojira jouit d’un grand respect à l’intérieur de la communauté métal. Née en 1996, la formation n’a connu aucun changement de membres depuis sa création, ce qui est un fait d’arme étonnant pour un groupe de métal. Le chanteur Joe Duplantier a aussi participé au projet post-Sepultura des frères Cavalera: The Cavalera Conspiracy.

Gojira se démarque de la scène métal pour sa façon d’allier la technique, la rapidité, les rythmes, la progression et la mélodie. De même, leurs influences sont très diverses; on reconnaît à la fois du Metallica, du Sepultura, du Tool et du Neurosis. L’Enfant Sauvage était très attendu, puisqu’il s’agissait du premier album de la formation française sous l’importante étiquette américaine Roadrunner Records.

La galette s’entame sur les rythmes évocateurs d’Explosia, qui avec ses changements de rythmes sur une pièce de dix cennes, donne le ton de ce qui attend l’auditeur sur le reste de l’opus. Le groupe fait la démonstration de sa capacité à créer des mélodies qui défilent à cent milles à l’heure tout en demeurant clair net et précis avec The Axe. The Wild Healer laisse place au travail des guitares qui ont réussit à me réconcilier avec le «taping», une technique de guitare que je trouvais surutilisée dans ce genre musical. Quant à elles, The Gift Of Guilt et Pain Is A Master exhibent le talent du batteur Mario Duplantier, alors qu’il multiplie les subtilités dans son jeu. Autre piste notable de l’album, la très belle Born In Winter qui fait entendre la voix de Joe Duplantier dans un registre plus mélodique et chanté.

Bref, L’Enfant Sauvage est un excellent album métal où les chansons ennuyantes sont complètement exclues. D’un bout à l’autre, le groupe français fait preuve d’une ingéniosité et d’une intelligence musicale redoutable. Un incontournable pour les fans de rock lourd!

Ma note : 8/10

Gojira
L’Enfant Sauvage
Roadrunner Records
52 minutes

www.gojira-music.com/

Fear Factory – The Industrialist

J’ai découvert Fear Factory pour la première fois à l’âge de dix ou onze ans. Mes parents m’avaient fait cadeau de la bande originale de Mortal Kombat: le film. La neuvième piste dudit disque était Zero Signal, une pièce tirée de l’excellent Demanufacture. Encore aujourd’hui, j’adore le mélange intelligent du double bass-drum, de la voix caverneuse de Burton C. Bell, des rythmes fous de Cazares, des synthétiseurs et du piano qui viennent clore le bal; bref, une grande chanson. Fear Factory, en compagnie de Ministry, fut parmi les pionniers de la fusion naturelle entre l’industriel et le métal. Après quelques bons albums, la chicane a pogné dans la cabane, ce qui a culminé avec la dissolution du groupe en 2002. Quelques mois plus tard, deux des membres du quatuor redonnaient vie au groupe.

S’ensuivit six ans de batailles juridiques pour arriver à la nouvelle formation qui fît paraître un album dans les normes, Mechanize, en 2009. Le dernier opus, The Industrialist, s’annonçait prometteur. Bell et Cazares étaient réunis et avaient l’idée de composer un album concept au sujet suivant: l’industriel est un automate. Avec les jours qui passent, l’industriel en question se constitue une mémoire et en vient à avoir des désirs et des espoirs. Il découvre ainsi le goût de vivre; ce qui conduit éventuellement à l’élimination de l’homme par la machine.

Et qu’est-ce que ça donne? Ça donne un son beaucoup trop uniforme, une linéarité pesante (pas dans le bon sens) et un long soupir de nostalgie. Pour l’album, le groupe opta pour un «drum machine» entièrement produit en studio. Ce qui est très ironique, étant donné le propos de l’opus… et le résultat est plutôt uniforme et fade. Heureusement à travers la monotonie se trouve une chanson digne de mention: God Eater qui diffère un peu de l’ambiance générale de l’album. Vous trouverez aussi New Messiah et Recharger qui nous font entendre la voix plus caverneuse de Bell. Par contre, il y a malheureusement la ringarde nommée Religion Is Flawed Because Man Is Flawed.

Bref, bien que ce ne soit pas complètement dépourvu de sens musical, il reste qu’on est très loin des années lumineuses de Fear Factory. Allez plutôt écouter l’album Demanufacture, qui lui, vaut vraiment la peine. Je pousserai l’audace à vous mettre un extrait qui vient de cet album; ma toune préférée du groupe titrée Zero Signal. Bonne écoute!

Ma note : 4,5/10

Fear Factory
The Industrialist
Candlelight Records
49 minutes

fearfactory.com/

http://www.youtube.com/watch?v=lRci3qWeFCA

The Melvins – Freak Puke

Il y a de ces groupes que l’on découvre sur le tard, un ami nous le fait entendre, on trouve ça étrange, puis on se rend compte que nos bands préférés les citent comme étant une inspiration très importante dans leur carrière. Pour moi, c’est The Melvins. Le groupe hyper-productif, comptant 21 albums studios dans les derniers 25 ans (et que dire des 12 disques en concerts aussi disponibles!) débarque avec sa nouvelle création composée en version légère. En effet, les quatre derniers opus comptaient le groupe Big Business dans les rangs des Melvins. Cette fois-ci, on retrouve Buzz Osborne, Dale Crover et Trevor Dunn sur cette galette, qui comme l’ensemble de l’œuvre du band, compte ses bizarreries et ses coups fumants.

Tout d’abord, l’élément unifiant l’ensemble est un violoncelle dissonant. Celui-ci nous accueille dès les premiers instants de Mr. Rip Off et fait son apparition sur chaque morceau de l’opus. Les Melvins sont toujours aussi lourds: A Growing Disgust faisant l’apanage de la force de la formation avec ses rythmes appuyés. La chanson suivante, l’excellente Leon Vs The Revolution démontre la virtuosité d’Osborne alors que celui-ci fait l’étalage de tout son talent de guitariste. Le groupe se permet même des petites surprises: Let Me Roll It laisse la place à un son beaucoup plus rock’n’roll… évidemment Osborne brise tout cela avec son rythme vocal déphasé. Rien n’est tout à fait normal chez les Melvins! Autre pièce d’importance, la singulière Tommy Goes Beserk qui clôt le bal.

Bref, Freak Puke est un album des Melvins. Parmi les meilleurs du groupe? Non. Parmi les moins écoutables? Non plus. Ok! C’est dans le milieu! T’as tout compris chummy, mais ça vaut quelques écoutes tout de même! Parce que pour Melvins, régurgiter rime définitivement avec musicalité. Et si cet article vous donne la piqûre pour le groupe qui a enseigné à Kurt Cobain à jouer de la guitare, je vous conseille particulièrement l’album Houdini, le plus prisé du groupe de Seattle.

Ma note : 7/10

The Melvins Lite
Freak Puke
Ipecac
42 minutes

themelvins.net/