Cancer Bats - Searching For Zero - Le Canal Auditif

Cancer Bats – Searching For Zero

Cancer BatsUn nouvel album de Cancer Bats, c’est quelque chose comme l’arrivée du printemps. On sait pas mal à quoi s’attendre, mais on sait juste pas quand est-ce que ça va arriver. On sait toutefois pertinemment qu’on le savourera poing levé, les fenêtres de son pick-up baissées, avec une camisole de Fugazi.

Vous voyez, c’est que depuis Birthting The Giant en 2006, le groupe ontarien martèle son punk-hardcore ascendant southern rock sans vraiment renouveler sa proposition initiale. Cela dit, les trois albums qui ont suivi cette fracassante entrée en matière ont donné à Cancer Bats une position enviable sur la scène hard et dans les alignements des gros festivals en Amérique comme en Europe.

Et il faut le mentionner: la troupe menée par Scott Middleton et Liam Cormier est devenue ces dernières années une affamée machine de scène.

Ce qui nous amène à Searching For Zero, dans les bacs depuis une dizaine de jours. Si vous avez déjà déploré le côté linéaire des albums de Cancer Bats, ce cinquième effort, qui paraît trois ans après Dead Set On Living, est peut-être l’album que vous attendiez.

J’ai déjà dit qu’avec les quatre premiers albums du groupe, valait mieux se faire une compilation de douze titres pour avoir le meilleur de leur discographie. Force est de constater que Searching For Zero me fait mentir. Voilà enfin un album qui, même s’il mise toujours sur la puissance de frappe du duo Middleton/Cormier, reste captivant de bout en bout, car plus diversifié. Il faut dire que la réalisation a été joyeusement bonifiée d’une solide direction. Coïncidence? Je ne pense pas, celle-ci ayant été confiée à Ross Robinson, architecte d’à peu près tout ce qui bûchait dans les années 90 et au tournant des années 2000. Les noms Slipknot, Sepultura, Machine Head, At The Drive-In, Norma Jean et les Blood Brothers, pour ne nommer que ceux-là, trônent glorieusement sur son CV. On jase…

Donc, Cancer Bats se détache ici, en partie, du cadre rigide du couplet-refrain-couplet-refrain-refrain-solo-refrain-refrain-refrain-refrain. Enfin! Ça respire. Le groupe met la table avec de courtes introductions, se permet des «break-downs» et des montées intéressantes (Cursed With A Conscience, Dusted).

Cormier a aussi varié ses procédés vocaux et ses attaques en plus de raffiner sa plume. Les thèmes ici étant conceptuellement bien liés par cette thématique de l’année du serpent, sans être quétaine, ni «rentrer à la crowbar» comme les thématiques des groupes progressifs! Mais je m’égare.

Le bassiste Jaye R. Schwarzer, qui ajoute sa voix à celle de Cormier, amène également du «crunch» dans les attaques et dans les mélodies. Sur Satellites, hymne fédérateur qui ouvre l’exercice, c’est le jeu des voix qui est si efficace et qui évoque les grands moments d’Alexisonfire.

Sur True Zero, Buds et Belzebub, on est transporté dans une manifestation plus southern rock du son de Cancer Bats, qui se rapproche des tales de Maylene And The Sons Of Disaster! Un clin d’oeil assez réjouissant pour ma part!

Bref, Searching For Zero est un très bon album de défonce, mais rendons à César la traversée du Rubicon (c’tu ça l’expression?), il s’agit également du meilleur album de Cancer Bats jusqu’ici.

Ma note: 7,5/10

Cancer Bats
Searching For Zero
New Damage Records
33 minutes

http://www.cancerbats.com

Exprimez-vous!

*