Critiques

Voyou

Les bruits de la ville

  • Entreprise
  • 2019
  • 43 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Lors de la sortie d’On s’emmène avec toi, on sentait déjà Voyou avait un potentiel très intéressant. Seul sur ton tandem démontrait une grande habileté avec les mélodies et surtout une capacité à faire de la pop contemporaine intelligente qui use les codes de la musique commerciale sans non plus tomber dans le piège de rester en surface. Mais voilà, on n’avait pas encore un album à se mettre sous la dent. C’est maintenant chose du passé puisque le musicien français nous présente Les bruits de la ville.

Eh puis, qu’est-ce qu’on en dit de ce premier album? C’est simple. C’est de la bombe. Thibaud Vanhooland nous percute avec 11 pièces qui passent de la pop mélodieuse à des morceaux intimistes où la sensibilité est belle et authentique. Son électropop évite le piège du synthétique, les chansons de l’opus restent campées dans une réalité charnelle et viscérale. Le tout doublé d’une approche candide où la tendresse est reine.

Et de toutes les fleurs
C’est moi la plus jalouse quand tu te déposes
Sur des millions de roses
Papillon, mon cœur souvent se languit de toi

– Papillon

Papillon est un bon exemple de la pop intoxicante qu’on retrouve sur l’album. D’un côté, des synthétiseurs colorent la pièce alors que les cuivres viennent magnifier la mélodie. Tout ceci avec un texte qui raconte le récit d’une amante qui butine autour et qui laisse le protagoniste en amoureux esseulé. Seul sur ton tandem revient faire son tour sur la galette et nous prouve encore à quel point c’est une chanson près d’être parfaite. Encore une fois, on y parle de couple qui déraille et d’histoires d’une certaine tristesse sans jamais perdre un sourire dans la voix. Le jeune homme nous rappelle qu’après tout, le malheur amoureux, ce n’est pas la fin du monde.

La chanson-titre de l’album sur laquelle Yelle prête sa voix frappe aussi dans le mile avec son refrain qui traduit le sentiment d’une arrivée dans une nouvelle vie avec une justesse impressionnante.

Si on nous regarde d’en haut
On va finir par se dire qu’on est qu’une bande de fous
Mais la folie comme la vie
Nous a mené tout en haut
Et d’en haut nos rêveries
N’ont d’égale que nos héros

Toujours plus libre toujours plus haut

– On a marché sur la lune

Dans cette pièce qui retrace d’une certaine façon l’évolution humaine et cette épopée qui a mené à la fameuse phrase de Neil Armstrong, on retrouve d’un côté un optimisme pour le futur, mais aussi un constat très lucide. Parce qu’en marchant sur la lune, on a également tué « toutes les rêveries ». Chaque moment d’apprentissage vient avec une partie de magie qui s’évapore.

Voyou est aussi capable de chansons plus douces. Il signe d’ailleurs deux très beaux textes sur Il neige et Lille. La première est portée par son interprétation sans failles et d’une sensibilité magnifique. La seconde, Lille, est un adieu bien senti à une ville qui semble voir une place toute particulière dans son cœur. Sa mélodie qui rappelle un autre temps, celui des crooners, n’est tout de même pas vieillie. Puis, soudain la trompette expressive entre en scène et traduit ce mélange de nostalgie et de mélancolie qui vit dans le texte :

Ce soir tu t’éteins devant moi

Et si c’est pour la dernière fois

Laisse-moi profiter encore

Du doux parfum de ton corps

Des émotions qui te parcourent

De ma tristesse qui suit son cours

– Lille

Voyou lance avec Les bruits de la ville un excellent album de pop. On peut facilement tirer des liens avec ce que Fishbach et Yelle font. C’est bien écrit, solidement composé et exécuté avec une authenticité bien appréciable. Il est tôt, mais disons qu’on tient ici l’un des meilleurs disques pop de l’année sans contredit.

 

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