Critiques

Ty Segall

Three Bells

  • Drag City
  • 2024
  • 65 minutes
7

Ty Segall, l’un des plus prolifiques auteurs-compositeurs-interprètes de la scène garage américaine, est de retour avec Three Bells deux ans après la sortie de Hello, Hi. Ce dernier prenait le pari de donner beaucoup de place aux sonorités acoustiques que Segall avait enregistrées à la maison. Sur Three Bells, on revient à quelque chose de plus grand comme son. Ce n’est pas non plus un retour aux sonorités plus lourdes de son passé. On retrouve Ty Segall dans un rock garage plus psychédélique flirtant parfois même avec le prog rock.

Dès The Bell, première pièce de l’album, on comprend que Ty Segall va proposer des chansons qui sont des voyages. Elles évoluent. Celle-ci débute avec des sonorités plus acoustiques qui s’emportent à quelques moments pendant la pièce, qui passe par un solo de guitare avant de revenir à quelque chose de plus doux pour terminer dans un jam dynamique et convaincant qui rappelle le Ty Segall de Twins.

Si la lourdeur n’est pas la caractéristique première de Three Bells, on retrouve tout de même de beaux moments de rock comme c’est le cas sur Void où un motif rythmique est répété en boucle pendant que les autres instruments explorent les possibilités. Il y a quelque chose de foncièrement jazz dans l’approche. Le tout fini dans des sonorités qui font penser à Bowie dans les années 70.

La femme de Ty Segall est aussi très impliquée et cosigne avec son chum de nombreuses pièces sur l’album. On l’entend même chanter sur Move alors qu’elle prend le chant principal. Cette pièce a plus le son d’un jam alors que Mikal Cronin s’y joint à la basse, Charles Moothart à la batterie et Ben Boye aux claviers. Ty Segall chante aussi carrément la pomme à sa femme alors qu’il répète simplement son nom sur la chanson Denée. Le trio qui compose C.IA. (Ty Segall, Denée Segall et Emmett Kelly) est présent sur plusieurs chansons de l’album. Peut-être que certaines pièces avaient été écrites ou enregistrées dans les mêmes sessions que Surgery Channel qui est paru l’an dernier environ à pareil date?

Dans tous les cas, ce nouvel album de Ty Segall ne surprendra pas le mélomane qui suit le rockeur californien depuis quelques années. On retrouve Ty Segall là où on le connait. Par contre, fidèle à son habitude, la qualité est au rendez-vous. Il poursuit dans la lignée d’excellence qu’on lui connait.