Critiques

Ty Segall

Deforming Lobes

  • Drag City
  • 2019
  • 36 minutes
8
Le meilleur de lca

Chaque fois qu’il est question de Ty Segall, on souligne sa phénoménale capacité à lancer des albums aux trois quarts d’heure. Mais c’est plus rare qu’on parle de l’incroyable talent de showman de ce bon Ty qui déchire les planches peu importe où il se produit. J’imagine que ce Deforming Lobes, un premier album en concert pour le californien, remettra les pendules à l’heure sur ce plan.

Capté en janvier 2018 lors de trois soirs au Teragram Ballroom de LA, Deforming Lobes est un très réjouissant album live à écouter, moi qui avait un peu perdu l’intérêt pour ce type de format après avoir acheté près de 200 bootlegs de Pearl Jam au tournant des années 2000… mais ça, c’est une autre histoire.

Ce disque traduit à merveille l’énergie brute de Ty et son band sur scène avec tout ce que ça implique de lourds riffs, de solos complètement déjantés et de feedback grinçant. Ah oui, l’album a aussi été enregistré et mixé par le duidique Steve Albini. Tsé quand on dit que ceci peut expliquer cela, ben c’est pas.

Mais Segall et Albini ne sont pas les seuls capables ici. Avec son Liberty Band, Ty Segall a atteint un potentiel de rouleau-compressage jusqu’ici inégalée dans sa carrière et ce disque live en témoigne autant qu’il apparaît comme la fin d’un cycle.

Avec le Liberty Band, Ty a lancé son deuxième album homonyme, le EP Fried Shallots et l’acclamé double disque Freedom’s Goblin. Alors que les deux premiers sont moins exploratoires, on y retrouvait un concentré de Ty Segall, plus ramassé et plus percutant. Avec Freedom’s Goblin, le guitariste chanteur a ramené une dose de folie et de psychédélisme garage à sa formule, mais en conservant son approche mise de l’avant depuis les débuts de son super groupe.

Finger, Warm Hands et Love Fuzz sont parmi les meilleurs moments sur ce très condensé disque live. Une bonne chose si vous voulez mon avis alors que les groupes ont tendance à vouloir en faire trop sur pareils exercices.

Les guitares très fuzzées, la grosse basse de Mikal Cronin et la voix perçante de Segall sont à l’avant-plan dans une production sale de grande qualité. Le choix des chansons a été fait avec soin alors qu’on a pris soin de piger dans toutes les périodes de la carrière de Segall. D’ailleurs, Squealer et Breakfast Eggs en versions live avec le Liberty Band sont assez convaincantes, malgré leur inoubliablement déconcertante interprétation sur Emotional Mugger!

Bref, Deforming Lobes est une une leçon de rock, un tour de force technique et un album qui est simplement purement rock très plaisant à écouter. Ty prendra peut-être une pause de son Liberty Band dans les prochains mois pour se consacrer à des projets plus personnels (et déconstruits) – il a déjà commencé d’ailleurs – mais cet album live est un superbe wrap-up pour le talentueux musicien.

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