Critiques

The Last Shadow Puppets

Everything You Come To Expect

  • Domino Records
  • 2016
  • 41 minutes
6

The Last Shadow PuppetsThe Last Shadow Puppets est un projet britannique formé d’Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kane (ex-Rascals). En 2008, le tandem avait fait paraître le fort bien reçu The Age Of The Understatement; une création qui redonnait un certain lustre au pop-rock britannique. Toujours en compagnie du réalisateur/batteur James Ford (Simian Mobile Disco) derrière les manettes et bonifié de la participation du musicien de studio Zach Dawes, The Last Shadow Puppets continue à arpenter les mêmes sentiers balisés en y incorporant de magnifiques orchestrations de cordes, gracieuseté du maître Owen Pallett, déviant parfois vers un soft-rock à la The Style Council.

Enregistré en 2015 au Sangri La Studios de Rick Rubin, situé en Californie, est-ce que ce Everything You Come To Expect atteint les standards désirés? Puisque que Kane et Turner sont loin d’être des pieds de céleri, ce nouvel album atteint de justesse la note de passage, mais honnêtement, pas certain que je vais revenir visiter ce pop-rock nettement trop lustré et lisse pour mes oreilles de prolétaire.

Ce que propose The Last Shadow Puppets sent souvent le réchauffé, me laissant avec l’impression d’être replongé une énième fois dans la pop orchestrale britannique des années 60. Un album en dent-de-scie où les bons moments sont très bons, où les moins bons instants sont franchement moins bons. Si l’influence funk-soul grandiloquente d’Isaac Hayes fertilise Dracula Teeth, le soft-funk pompeux entendu dans The Element Of Surprise m’a sérieusement ennuyé.

Le problème de ce disque réside dans le fait que Everything You Come To Expect sonne comme une copie grandiose des Black Keys… et déjà que la paire Auerbach/Carney aime bien beurrer épais. À la lecture de quelques entrevues réalisées avec Kane et Turner, les gars ont semblé sérieusement triper à colliger ces chansons. Malheureusement, ce plaisir ne s’est pas rendu jusqu’à mes conduits auditifs. Pas un mauvais disque, tant s’en faut, ça manque tout simplement un peu de hargne et de détermination. C’est tellement bien joué, bien fait et bien réalisé que le mélomane plus consensuel pourrait se laisser endormir par autant d’esbroufes qui masquent le principal défaut de ce disque: la qualité moyenne du songwriting.

Cela dit, il y a quelques chansons de qualité qui évite à ce disque un naufrage complet. Je fais référence à l’extrait Bad Habits, au riff menaçant, un brin psychédélique, qui constitue la colonne vertébrale de Used To Be My Girl, ainsi que la conclusive/pianistique The Dream Synopsis.

Il y a deux façons de percevoir cet album. Soit qu’on le classe dans la catégorie «divertissement» pop de qualité, soit qu’on le juge en tant qu’objet pop-rock britannique décevant… car il y a très peu d’éléments rock dans ce Everything You Come To Expect à part les quelques guitares grinçantes se révélant sporadiquement sur le galette. Fanatiques de rock anglais, vous devriez être en mesure d’apprécier ce disque plus que moi.

Ma note: 6/10

The Last Shadow Puppets
Everything You Come To Expect
Domino Recording
41 minutes

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