Critiques

The Claypool Lennon Delirium

South of Reality

  • Chimera Music / Prawn Songs Records
  • 2019
  • 48 minutes
7,5

Primus est cet ovni musical fascinant qui met de l’avant l’incontestable dextérité de Les Claypool; grand bassiste devant l’Éternel. Sean Lennon est le fils d’un monument de la musique pop qui a réussi contre toute attente à se forger un prénom. C’est grâce à son apport avec Cibo Matto qu’il a réussi à hausser sa bonne réputation d’un cran tout en menant de main de maître la formation psychédélique The Ghost of a Saber Tooth Tiger. Les deux musiciens se sont liés d’amitié dans le cadre d’une tournée commune réunissant Primus et The Ghost of a Saber Tooth Tiger. Et c’est Les Claypool qui a, semble-t-il, fait les premiers pas en direction de Lennon, étant subjugué par son talent.

En 2016, Lennon et Claypool ont concrétisé leur union avec la sortie de Monolith of Phobos; un bon disque malgré les références aveuglantes aux grandes pointures du rock psychédélique des années 60 (Pink Floyd, Syd Barrett, The Beatles, etc.). Évidemment, l’association de ces deux instrumentistes ne peut que plonger l’auditeur dans une atmosphère ressassée mille fois… à la différence que sur la plus récente production intitulée South of Reality, le duo respecte le cahier de charge de ses ancêtres tout en proposant d’excellentes chansons.

Ce disque s’écoute avec une paire d’écouteurs digne de ce nom afin de bien saisir les nuances des arrangements. Les sons voyagent de gauche à droite : un clavier en fond sonore, la basse hyperactive de Claypool en plein milieu du crâne, etc. Le mixage est minutieusement réfléchi et conçu pour faire « triper » l’auditeur.

En dépit des nombreuses variations de styles qui régissent ce South of Reality (pop « beatlesque », vapeurs hallucinogènes à la Pink Floyd, virtuosité typiquement « Claypool », etc.), on y décèle une homogénéité dans le son général de l’album. Cette fois-ci, The Claypool Lennon Delirium est un groupe uni et cohérent. Bien sûr, on y entend les mélodies « tel père, tel fils » de Lennon et les habituelles lignes de basse foisonnantes de Claypool sont présentes, mais ces deux univers forment un tout indissociable.

South of Reality s’écoute du début à la fin, sans interruption. Quelques pépites sonores nous ont enthousiasmés. Il y a la parfaitement Lennon intitulé Blood and Rockets (Movement I : The Saga of Jack Parsons / Movement II : Too the Moon), les arrangements de cordes dans Borsika, le riff de basse principal qui anime Easily Charmed by Fools, le petit penchant funk « cannabisant » dans Toady Man’s Hour… mais la pièce de résistance de ce nouvel album est sans contredit Cricket Chronicles Revisited (Part I : Ask Your Doctor / Part II : Psyde Effects). Cette pièce est une incursion totalement réussie dans une atmosphère hindouiste, un brin arabisante.

Autant les nostalgiques que les jeunes mélomanes avides de psychédélisme seront rassasiés par le travail de Claypool et Lennon. Ce n’est rien d’inventif, mais c’est franchement efficace.

Un bon disque pour vous en rouler un p’tit !

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