Critiques

Stephen Malkmus

Traditional Techniques

  • Matador Records
  • 2020
  • 41 minutes
7,5

Évidemment, on ne vous apprend rien en vous disant que Stephen Malkmus fut le meneur de l’une des plus importantes formations rock états-uniennes de l’histoire : Pavement. Le vétéran n’est pas qu’une légende de l’indie-rock. Depuis 2001, accompagné des Jicks, notre « slacker » préféré nous a gratifiés de plusieurs bons albums; Pig Lib (2003), Face the Truth (2005) et Real Emotional Trash (2008), entre autres. Même son plus récent effort, conçu avec son groupe fétiche (Sparkle Hard, 2018), est réussi.

Ces derniers temps, Malkmus cherche à s’affranchir des contraintes imposées par le format rock. L’année dernière, il nous présentait Groove Denied qui mettait de l’avant certaines de ses expérimentations électroniques qui traînaient dans ses tiroirs depuis quelques années. Un disque en dent-de-scie.

La semaine dernière paraissait Traditional Techniques; création sur laquelle le vétéran élargit ses horizons en plongeant dans le folk-rock « patchouli » des années 60-70 en plus de bonifier ses chansons d’influences touarègues. Voilà ce qu’avait à dire Malkmus aux Inrockuptibles concernant son nouvel album : « Les gens qui écouteront ce disque entendront 99% d’instruments acoustiques, peu de claviers et peut-être un synthétiseur quelque part. L’idée, c’était de faire une musique calme, sans trop d’ajustements, avec des musiciens qui jouent tous ensemble ». Et Malkmus désirait poser paisiblement sa voix plutôt que de s’époumoner…

Ce Traditional Techniques lui va à ravir. Malkmus colore son habituel sarcasme de sonorités pastorales magnifiquement assumées en plus d’un ton mélancolique qu’on ne lui connaissait pas. Ce nouvel album évoque un réveil matinal brumeux, quand l’esprit n’a pas encore atteint la clarté souhaitée.

Traditional Techniques sonne comme un disque enregistré devant public, entre amis, au coin d’un feu de foyer, avec la noble prétention d’être en parfaite communion avec l’auditeur.  En plus de sortir de sa zone de confort, le fier résident de Portland, Oregon, nous fait ressentir l’immense plaisir qu’il a eu à interpréter ses chansons. Malkmus est comme un poisson dans l’eau dans cet enrobage sonore.

Parmi les réussites ? Xian Man évoque le psychédélisme d’Anton Newcombe (The Brian Jonestown Massacre). Cash Up et Amberjack sont étonnamment émouvantes… quand on connaît la distance émotionnelle qui a toujours caractérisé la démarche artistique de Malkmus. What Kind of Person et Flowin’ Robes remémorent le Beck de l’album Mutations.

Les adeptes de blues touareg, de musique indienne et de folk « à la Bert Jansch » seront totalement comblés par le travail de Malkmus et ses accompagnateurs.

Une agréable surprise.

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