Critiques

Stephen Malkmus & The Jicks

Sparkle Hard

  • Matador Records
  • 2018
  • 44 minutes
7,5

L’ex-meneur de Pavement est un artiste qui suscite toujours mon intérêt lorsqu’il fait paraître un disque. La signature distinctive, le mélodiste, le penchant prog-rock, tout chez lui captive mon attention, et ce, sans que je sois toujours subjugué par ses propositions. À mon humble avis, Stephen Malkmus & the Jicks ont atteint leur plus haut niveau créatif avec les albums Pig Lib (2003), Face the Truth (2005) et Real Emotional Trash (2008).

Aujourd’hui âgé de 51 ans, l’artiste n’a qu’un seul véritable faux pas dans sa carrière : Mirror Traffic (2011); production réalisée par nul autre que Beck… qui vit actuellement un important déclin créatif. Cependant, Malkmus s’est bien repris avec Wig Out At Jagbags (2014) sur lequel il renouait avec le prog-rock des débuts.

Après 4 ans d’absence, Malkmus – accompagné de Mike Clark (claviers), Joanna Bolme (basse) et Jake Morris (batterie) – est de retour avec Sparkle Hard. Réalisé par Chris Funk (The Decemberists), ce nouvel album est en parfait équilibre entre le rock tortueux habituel et l’indie-rock accrocheur de Pavement. Le grand efflanqué se permet même d’explorer de nouveaux horizons musicaux. Je pense à ce magnifique country rock, mettant en vedette l’exquise Kim Gordon (Sonic Youth), intitulé Refute. L’un des moments forts de ce nouvel album.

En plus de nous offrir un disque légèrement plus accessible qu’à l’accoutumée, Malkmus ne perd rien de son talent de compositeur. Chez lui, tout respire la décrispation. C’est cette décontraction qui séduit chez ce fier résident de Portland, Oregon. Sur Sparkle Hard, le musicien insuffle à sa musique un enthousiasme juvénile – ayant des liens manifestes avec l’insouciance des années 60 et 70 – mais qui contient juste assez de mélancolie dite « mature » pour être crédible. Bref, c’est le meilleur disque de Stephen Malkmus & The Jicks depuis… Pig Lib !

C’est bon du début à la fin et quelques perles vous donneront le goût d’y revenir régulièrement. Les cordes dans Solid Silk produisent un effet de sophistication qui émeut et étonne à la fois. Malkmus, le « guitar hero », s’en donne à cœur joie dans Bike Line et Kite. La mixture de funk, de jazz et de prog-rock, proposée dans Difficulties / Let Them Eat Vowels, est sublime : une pièce composée de deux sections distinctes qui constituent la parfaite synthèse de cet excellent disque. Que dire de la grosse « toune » de l’album intitulé Shiggy ? Du rock juste assez graisseux qui donne le goût de monter le volume à fond !

Stephen Malkmus possède une signature unique et crée une musique intemporelle qui se bonifie toujours au fil des écoutes. La marque des grands ! Sparkle Hard est un sournois « grower ».

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