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Critiques

The Rolling Stones

Foreign Tongues

  • Polydor Records
  • 2026
  • 62 minutes
7

Plutôt que de jouer au bridge dans un CHSLD, les octogénaires (presque) pimpants Mick Jagger et Keith Richards (Ronnie Wood a «seulement» 79…) des Rolling Stones nous arrivent avec un vingt-cinquième album plutôt bien foutu.

D’emblée, Rough and Twisted montre que les Stones n’ont jamais renié leurs racines blues. Tout en y injectant une énergie contagieuse et un rythme stomper emprunté au glam ou glitter des années 70. De la slide guitar à son meilleur qui ne s’égare pas dans des solos à plus finir. L’ambiance du jam initial ayant donné naissance à la toune résonne de toute sa fraîcheur.

Pour ce qui est d’In the Stars sonne presque comme une toune des Stones conçue par intelligence artificielle… Mais le pire, c’est que ça le fait! Après vingt-cinq albums, va-t-on reprocher aux Stones de ressembler… aux Stones?! D’ailleurs, avec ses guitares un peu trop léchées, Jealous Lovers dégage des petits relents de Beast of Burden (extrait de Some Girls). Un peu downer.

Retour à la rythmique à fond la caisse avec Mr. Charm et son refrain fédérateur à souhait : «Life’s too short for just making’ money…» Même si on sait que ces messieurs ciblent Elon Music, la phrase reste en double contraction avec la réalité de Jagger et Richards. Avec une fin typique où on répète ledit refrain à l’infini dans l’euphorie d’une nuit sans lendemain. Divine Intervention dégage aussi cette folie. Un bon midtempo, tout de même juste assez rentre-dedans, qu’on soupçonne toujours de dérailler au dernier moment. Mais c’est ce qui a toujours fait la signature – voire la beauté – du groupe depuis plus de soixante ans.

On retrouve un country-folk assumé sur Ringin Hollow. Back In Your Life s’aventure aussi dans cette veine. Mention spéciale à l’impeccable solo de Ronnie Wood dans cette dernière. Heureusement, on revient aux power chords retentissant sur Never Wanna Lose You. Avec une fine touche de Fender Rhodes, gracieuseté de nul autre que Bruno Mars. Autre invité de prestige, Sir Paul nous sert un groove sans pareil avec sa basse divine dans Covered in You. Peut-être une des dernières pistes de batteries enregistrées par Charlie Watts en 2021, Hit me in the Head fesse en masse et à la bonne place. Comme quoi des octogénaires peuvent s’approprier – ou frôler – le punk. La meilleure du lot.

Chanté par Keith Richards, Some of Us renvoie à un des passages les plus émotifs de l’ensemble. Même si la mélodie du piano ressemble à Another Day in Paradise de Phil Collins… On lui pardonne. Et pour finir, une très bonne version très roots folk-blues de Chuck Berry, éternel héros de Keith Richards, avec Beautiful Delilah pour conclure. Interprété à la Lightnin’ Hopkins ou Howlin’ Wolf.

Malgré le dynamisme virevoltant de la première moitié de l’album, le momentum se dilue un peu en cours de route avec une succession de ballades trop collées l’une à l’autre. Un rebrassage du pacing aurait fait le plus grand bien.

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