Critiques

Red Mass

Kilrush Drive

  • LABEL ÉTIQUETTE
  • 2019
  • 46 minutes
7

Red Mass est une curieuse bibitte. Formé de Roy Vucino – une redoutable bête de scène, semble-t-il – et de sa conjointe, Hannah Lewis, le duo se définit comme une entreprise totalement libre qui crée une musique et un art résolument punk, en utilisant différents médias et autres formes d’expression, tout en explorant des méthodes de travail originales inspirées de la création automatique. Après une décennie de EP et de simples, la formation post-punk multidisciplinaire nous proposait, à la fin mars dernier, un nouvel album intitulé Kilrush Drive.

Réalisé par Mingo L’Indien (Les Georges Leningrad) avec l’aide de l’incontournable Jace Lasek (The Besnard Lakes) et du doyen Martin Bisi (Sonic Youth, Swans, Boredoms, etc.), le groupe explore les thèmes de l’anti-christianisme, de la brutalité policière et du voisinage conservateur/intolérant dans un format rappelant sérieusement le post-punk de la fin des années 70 et du début des années 80. La chanson God’s House est l’exemple probant du ton sarcastique et mordant qui caractérise cette création :

« You’ll pay to pray in God’s House

When you can’t afford your home »

God’s House

La voix de Vucino oscille entre des inflexions remémorant Andrew Eldritch (The Sisters of Mercy) et feu Joe Strummer (The Clash). Musicalement, malgré la facture musicale somme toute assez convenue, quoiqu’assez variée stylistiquement parlant, c’est l’approche vocale animalière/déjantée de Vucino qui distingue Red Mass de ses semblables. On y entend aussi des liens de filiation avec ce que crée le trio dance-punk montréalais We Are Wolves. Et puisque le tandem ratisse assez large (industriel, rock gothique, expérimental, etc.), on ne s’ennuie jamais à l’écoute de Kilrush Drive.

Seul petit bémol ? Quelques pièces font office de remplissage. On pense à Something Horrible qui rappelle la légendaire formation The Birthday Party, mais en moins urgent. L’expérimentale Riots in Paradise est quelque peu inutile et la version remaniée de God’s House, en conclusion de l’album, est superflue. Cela dit, le clin d’œil à la musique de Love and Rockets dans Dark Days est réussi. Dans Terrorizer, on pense au vieux Ministry et Saturn est du post-punk pur jus, détenant un je-ne-sais-quoi de moyen-oriental; une sorte d’alliage entre We Are Wolves et The Kills, époque Keep on Your Mean Side.

Honnêtement, si vous aimez le post-punk authentique, lâché lousse et joué avec une véritable envie d’en découdre avec l’autorité, vous ne pourrez demeurer insensible à l’écoute de Kilrush Drive.

Très bonne première parution pour la prometteuse maison de disques Étiquette.

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