Critiques

Pierre Lapointe

Pour déjouer l’ennui

  • Audiogram
  • 2019
  • 35 minutes
8
Le meilleur de lca

Pierre Lapointe est résolument dans une phase créative de sa carrière. Dans les deux dernières années, il a lancé l’excellent La science du cœur et le projet parallèle Ton corps est déjà froid. Voici qu’il nous revient déjà avec un nouvel album de chansons originales. Cette fois-ci, Pierre Lapointe s’est allié à Albin de la Simone à la réalisation et à l’écriture de certaines pièces. D’ailleurs, il n’est pas le seul collaborateur. On y retrouve aussi Hubert Lenoir et son frère Julien Chiasson, Daniel Bélanger, Clara Luciani, Philippe B, Félix Dyotte et Amélie Mandeville qui prêtent parfois leur talent à la musique, parfois aux paroles.

Pour déjouer l’ennui est un album composé de chansons plutôt décharnées où la voix, le texte et quelques instruments simples sont mis de l’avant. Lapointe a présenté la galette en parlant de « berceuses pour enfants devenus grands ». C’est exactement ce qu’il livre avec sa sensibilité authentique qui refuse la pudeur.

Sur cet album, Lapointe balance entre l’amour et la tristesse. Le monarque des Indes traduit le coup de foudre et les passions des débuts de relations qui s’enflamment. On y retrouve les questions qui souvent se pointent le bout du nez lors des premiers temps, lorsqu’on interroge son cœur pour savoir si c’est l’amour ou la lubricité.

Tes airs de monarque des Indes
Auraient déjà dû me faire craindre
Ce grand voyage étourdissant
Propulsé dans le firmament
J’ai peur d’avoir mal en tombant

Le monarque des Indes

Dans le même ordre d’idée, il y a cette magnifique pièce-titre à la mélodie convaincante et au texte simple, mais bien tourné. C’est d’ailleurs cette chanson qui a été écrite avec Julien Chiasson et son frère Hubert Lenoir.

Moi je préfère vivre ma peine
Marcher sur des voies incertaines
Rester fier, face à la tempête
Au risque de perdre la tête

Vivre ma peine

C’est sur cette dernière que Daniel Bélanger vient rejoindre Pierre Lapointe avec un riff de guitare et des progressions d’accords qui rappellent Radiohead. C’est tout à fait réussi. Bien que la guitare occupe une place centrale sur Pour déjouer l’ennui, Qu’est-ce qu’on y peut? avec Clara Luciani se basse sur un piano sur lequel les deux voix viennent s’entremêler et se répondre.

Pierre Lapointe a toujours été une interprète d’une grande qualité et dans une version où sa voix prend autant de place, il frappe fort. C’est simple, Lapointe est habité d’un bout à l’autre de ce très sympathique et touchant Pour déjouer l’ennui. On se répète, mais ça vaut encore une fois le détour.

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