Critiques

Oblique

Marche Moderne

  • Pantoum Records
  • 2020
  • 37 minutes
7,5

Le duo Oblique est l’alliance de Simpson Sanhill (Simon St-Hillier) et FELP (Félix Petit). La paire a été très active ensemble et séparément dans les dernières années. Notamment, on doit au duo une partie des sonorités sur La nuit est une panthère de Les Louanges. Le 18 décembre dernier, Oblique lançait son deuxième album : Marche Moderne. Celui-ci arrive quatre ans après A Ballad Thru Obliquity.

Encore une fois, la paire nous offre un rock électronique fortement coloré de jazz et de soul qui est chanté dans les deux langues. Marche Moderne est un album riche qui mélange les textures sonores intéressantes et les compositions complexes. L’album est décrit par le duo comme étant : « Un road-trip musical et charnel, où deux amants hallucinent, ou concrétisent, leur lente dérive sur le côté de la société, et se fondent à la faune discrète de la Jungle Abstraite, sorte d’envers du monde. »

Il y a beaucoup de belles surprises sur Marche Moderne. La belle chorale de Jungle abstraite qui laisse place à une musique à la limite du jazz et du rock est un bel exemple de ces moments spéciaux que les deux musiciens sont capables de créer. On vit un peu la même chose sur Cinq cent quatre qui roule à toute vitesse avec une voix aérienne noyée dans les sons des autres instruments. Celle-ci se fond dans le décor comme un enduit d’un habit de camouflage. Puis, au trois quarts, la musique s’efface pour laisser place à la voix fragile et mélodieuse sur une trame minimaliste. Ça fonctionne très bien.

Il y a aussi une certaine sensualité qui habite les compositions d’Oblique. Le premier simple paru pour l’album, Baba, est un bon exemple de la façon que ça se déploie. Félix Petit sait se faire langoureux dans la voix pas seulement en étirant les syllabes, mais en laissant le silence prendre sa place entre elles. Il y a aussi des moments nerveux comme Oak où la trame s’affole à de nombreuses occasions. Les contrastes entre ces deux attitudes donnent une belle palette de couleur à Oblique. Petit n’est pas le chanteur le plus polyvalent, mais il sait bien utiliser les outils qui sont à sa disposition.

Si on peut reprocher une chose à Marche Moderne, c’est son hermétisme. L’univers musical d’Oblique n’est pas le plus accueillant de prime abord. Ça prend un peu d’effort pour s’y créer une niche. Nos repères sont mis à mal et on nous demande de nous ouvrir à l’étrange. C’est très payant quand on y arrive, mais ça prend un certain temps. Il faut être patient avec Oblique pour s’y sentir à la maison, mais on y arrive.

Un album super intéressant encore une fois de la part d’Oblique qui présente un univers musical riche et dense sur Marche Moderne. Un bel ovni dans notre paysage culturel qui mérite une rencontre du troisième type.

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