Critiques

Mutation

Error 500

  • Ipecac Recordings
  • 2013
  • 37 minutes
8,5
Le meilleur de lca

eshf_MutationCover_1Vous connaissez Mutation? Non? Pas grave, mais mettez-vous une note à votre calendrier, quand le soleil va exploser, vous aurez en Error 500 l’album de circonstance. Manquera juste la téquila et vous serez près. Mutation c’est plus précisément la nouvelle bébitte musicale menée par Ginger Wildheart, s’entourant pour l’occasion de malfrats de première classe comme Shane Embury de Napalm Death, Jon Poole de Cardiacs et Denzel de Young Legionnaires. Mais le party ne lèverait pas autant si une horde de lascars n’avait pas été appelée en renfort. Des invités de marque comme Hawk Eyes, Mark E. Smith, Merzbow et plusieurs autres, viennent ajouter leur grain de sel à cette orgie de brutalité et de comportements déviants.

Sur Error 500, Ginger et sa bande déploie un drôle d’assemblage d’industriel et de grindcore. Ça donne un élément (oui oui, au sens païen du terme) clairement instable, vu le caractère explosif des pièces. Toutes plus savamment construites les unes que les autres, elles réussissent à préserver cet équilibre précaire entre la totale furie et la décadence festive.

Le party s’ouvre avec Bracken. Des gros riffs, des éléments de mathcore, une attitude nihiliste d’enfer et des back vocals aussi puissants que bien sentis mettent la table à la recette Mutation: de la grosse défonce des plus réjouissantes, parce qu’elle colle les doigts. Bref, les effets peuvent varier, mais faut être prêt à se salir.

D’ailleurs, le second morceau, Utopia Syndrome, confirme ce côté très «ravi dans le chaos» de Mutation. Des couplets joyeux et des refrains ou tout exultent en un bordel sonore de plaisirs adultes (consentants): «I’m so happy, I’m so happy, I’m so happy, I could shit», clame Ginger avec conviction durant le refrain. On le croit sur parole.

Le moment fort de l’album? Sun Of White Leg ou les échanges vocaux jappés entre Wildheart et le leader de Hawk Eyes, font considérablement monter la tension d’un cran. C’est une agression en bonne et due forme, l’alternance de ses deux voix sur un tempo changeant vient complètement rompre avec le crescendo mélodique construit dans les couplets. À écouter des dizaines de fois!

Vous trouverez dans Error 500 des guitares qui évoquent Ministry, des mélodies pimentées au sriracha et une attitude «j’ai même pas peur de dégueuler, fak on s’prend des irish carbomb» qui sauront réjouir le mélomane qui n’a pas peur de mettre ses bottes d’eau avant l’écoute de la galette.

Parce que chaque pièce, c’est un peu comme goûter un nouveau shooter impossible avec de la crème de menthe, genre. On est jeté au tapis par l’ajout de claviers, de voix féminines, de grosses mélodies à la Jethro Tull (sur White Leg) ou juste de la destruction massive de Benzo Fury, pièce qui conclut l’exercice.

Mais contrairement à vos partys de banlieues, pas question de tomber vedge à 1h 30 du matin avec la bande de Ginger. L’intensité est maintenue durant toute la durée du disque et ce, malgré les effets sur votre santé… #yolo qu’on dit einh?

Bref, indescriptible et imprévisible est Error 500. Wildheart et sa bande ont pondu un disque de «garroche» des plus surprenants et ça, ça vaut la peine de payer la prochaine tournée. Ok bye.

Ma note: 8.5/10

Mutation
Error 500
Ipecac
37 minutes

ipecac.com/artists/mutation

http://www.youtube.com/watch?v=KKZFLc5-4jY

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