Critiques

Mat Vezio

Garde-fou

  • Simone Records
  • 2019
  • 41 minutes
8
Le meilleur de lca

Par où commencer? C’est un peu ce sentiment que nous laisse la richesse de Garde-fou, le deuxième album de Mat Vezio. Par où commencer? Par la richesse des textes? Par la réalisation de Navet Confit et les arrangements de Guido Del Fabbro qui frôlent la perfection? Par la confiance que Mat Vezio a prise au micro pour nous livrer ses textes imagés, poétiques qui refusent la banalité du quotidien? Commençons plutôt par le début pour comprendre comment on est arrivé ici.

Mat Vezio avant de se faire carrière comme batteur pour plusieurs artistes de la scène émergente (ou underground) comme Antoine Corriveau, Francis Faubert et plusieurs autres, a suivi une courte formation de comédien. Il est allé jusqu’en France pour faire la prestigieuse école de Jacques Lecoq. De ce passé, il est resté cette idée de personnage, d’interprétation et surtout que ce n’est pas nécessaire de faire dans le beau. Sur Garde-fou, Mat Vezio nous propose beaucoup de beauté, mais aussi beaucoup de zones ombrageuses où c’est gris la plupart du temps.

Tout le monde sait nager
C’est pas la mer à boire
Fait que, la lifeguard est en train de regarder
Sa vie couler

Lifeguard

Cette histoire d’amour pas facile est celle d’une sauveteuse à la mine basse que Vezio nous chante mélodieusement. Rajoutez à ça des guitares qui se font aller la distorsion et les arrangements de cordes tout à fait magnifiques de Guido Del Fabbro, les chœurs magnifiques d’Amylie et Sarah Bourdon et le maître du reverb, Navet Confit qui signe une réalisation impeccable.

Il y a cette idée de trip de gang sur Garde-fou avec la présence de Laurence-Anne sur la douce et mélancolique À coté. Un des points marquants de ce deuxième opus est la plus grande variété des mélancolies et des tempos de Mat Vezio. On voyage plus. On se rend même en France pour rejoindre Laura Cahen qui joint sa voix sur Nos visages canons. Finalement, on plonge dans la terre sous nos pieds avec Elisapie pour Tu ne sais pas comment le son voyage. La pièce est fascinante, passant de moments simples et dépouillés à des grondements où la voix d’Elisapie semble sortir de l’abysse pour nous annoncer la fin du monde.

Je serai à chaque seconde
Une lueur en série
Pour toi mon amour
Un appât pour ton coeur
Un sentier de douceur
Un chantier d’eau salée
Des marées de rochers percés
Des canaux de voies maritimes

Chaleur 10

Cette dernière chanson amène un peu d’amour dans un moment qui semble difficile, à travers une trame nerveuse qui avance au pas de course et des cordes qui s’emportent. À travers tout ça, Mat Vezio chante bien dans la réverbération pendant que le marimba de Joëlle St-Pierre se fait aller.

Honnêtement, il n’y a pas de mauvaises pièces sur Garde-fou. Mat Vezio continue de se dévoiler à nous en tant qu’auteur-compositeur-interprète de talent. Il faut aussi saluer le travail de tous ceux qui ont collaboré. On sent le travail d’équipe qui a permis à cet album d’exister. C’est beau. C’est bon. Et ça fait partie des meilleures sorties de l’année.

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