Aller au contenu

Critiques

Magi Merlin

POWER HOUSE

  • Bonsound
  • 2026
  • 36 minutes
7,5

J’ai décidé pour cette critique d’écrire tous mes commentaires en direct, lors d’une écoute nocturne de ce super, super album. En fait, je l’ai écouté 3-4 fois cette semaine, en prenant seulement quelques notes mentales. Maintenant, l’écouter et noter tout, live, dans l’ordre des chansons voulu par Magi Merlin (ça va de soi), en portant des écouteurs de studio, pour bien saisir toutes les nuances.

1- Welcome Home : courte pièce d’introduction, qui donne le ton à l’album : trame parlée au début, sur beat jazzé/lounge feutré aux touches hip-hop, avec plein d’effets spéciaux partout, on nous fait entrer complètement dans le sujet.

2- SpiceKick : super trame électro, on poursuit l’hypnose. Tout est très accrocheur. Grosses basses, mélange de voix, d’harmonies. Copines robotiques qui apparaissent à droite et à gauche de Magi.

3- EAT!ME!OUT! : intro psychédélique avec saxophone, beat lo-fi qui précède le beat complet et le retour de la grosse basse. Suites d’accords très intéressantes. Trouvailles sonores vraiment cool, tout comme le mix. Et arrangements superbes, encore.

4- So Smart : la suite du lounge qui groove. Une parenté avec Morcheeba? Résolument un feeling fin 1990/début 2000. Avec un son très moderne et bien défini. Avec des batteries qui sonnent comme des échantillonnages de vinyles. Bruits au début et à la fin qui nous font sentir exactement comme si on était dans la pièce au moment de l’enregistrement (de l’un des claviers principaux, je crois deviner?).

5- Thank you!!! : on gagne en poids ici avec une pièce plus lente et pesante et une trame qui cogne fort. Effets géniaux sur les voix. Trèèèès psychédélique.

6- WHIP : plus pop, plus R’n’B et soul moderne. Certainement un futur succès, déjà un hit. Et l’une des nombreuses cartes de visite possibles de cet album.

7- Crawl : débute dans un délire, puis tombe sur un beat distorsionné qui se fait encercler par les voix, avec autant de Magi que vous voulez.

8- pixxxie : je pourrais écouter cette chanson plusieurs fois de suite, ensorcelé par le rythme dance un peu plus classique, mais tellement bon. Si cet album mélange plusieurs styles et facettes très différentes, qui s’assemblent très bien, pixxxie va complètement ailleurs, dans une tangente pop, au visage d’un succès global.

9- Workout : retour au rythme plus lent, plus intime cette fois. Chanson de rupture, de règlement de comptes? Le ton est grave dans la voix et le propos. On continue de jeter des sorts. Deuxième partie qui surprend en apparaissant, dans une redirection jazzéeet R’n’B, au résultat si bon.

10- Salt : mélange d’une section musicale et de bouts de conversations de mise au point. Je préfère des chansons comme telles pour la continuité, mais pas grave, court morceau inspiré.

11- POPSTAR : à la première écoute, j’entendais « I hope I don’t wear my pants », mais les vraies paroles sont « I hope I don’t win my bets » (désolé!). Le rythme est tellement dansant, bien saturé. Magi est saturée également, encore en totale maîtrise de sa voix, dans son registre confortable moyen/bas. (Elle s’énerve parfois, mais crie rarement : toutes ses performances sont posées et bien groundées.)

12- Wtvr : morceau drum’n’bass et uptempo (synonymes?). Break musical magnifique au milieu. Chanson où la voix de Magi laisse transparaître toute sa douceur. L’étreinte qui dit porte-toi bien, en attendant qu’on se revoie – bientôt.

Les chansons ne sont jamais très/trop longues, ça cultive un intérêt constant, en plus, avec toutes les surprises qui surviennent tout le long, on veut sans cesse connaître la suite, savoir jusqu’où les chansons iront. Car on va loin. Les thèmes (sauf erreur) alternent entre ruptures, hauts et bas de relations, la confiance en soi, le mental à gérer dans tout ça, les auras qui rayonnent. À noter que l’autrice écrit et chante majoritairement en prose, sans chercher la rime, ce qui rapproche du dialogue quotidien en nous gardant proches de ses multiples réalités personnelles, incluant les dimensions raciale, bisexuelle, non monogame, de sa vie de femme d’aujourd’hui, quoi. Je me permets de copier une phrase venant d’elle et son équipe : « Elle déconstruit la fausse confiance qui sert d’armure moderne, les normes imposées par l’industrie de la beauté et les pressions systémiques qui obligent les femmes à mener leur vie avec une extrême prudence. »

À noter : il s’agit d’un autre album sans les crédits sur Bandcamp. Qui pourtant permettent si facilement de trouver et suivre les personnes impliquées. Et parfois de les engager pour leurs talents, tsé. Maisons de disque, équipes de production, artistes, dites-nous tout, mettez les crédits partout, s’il vous plaît! Ça prend deux secondes, copier-coller et allez.

Après recherche, toutes les paroles et les voix sont de Magi, toutes les musiques sont de Magi et Funkywhat, qui coréalise avec elle et joue (presque) tous les instruments. Mixes impeccables de Valentin Ignat.

Ceci étant, aucun moyen de ne pas faire le lien avec son nom : Magi Merlin est résolument une personne qui crée de la magie. (Prononcer « ma-djaille ».) Et tout l’album est une bombe.

Inscription à l’infolettre

Ne manquez pas les dernières nouvelles!

Abonnez-vous à l’infolettre du Canal Auditif pour tout savoir de l’actualité musicale, découvrir vos nouveaux albums préférés et revivre les concerts de la veille.

Faire défiler vers le haut

Bloqueur de publicité détecté!

On a remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité. La publicité est un revenu important pour un média indépendant comme nous et nous permet de vous offrir du contenu gratuit de qualité. Est-ce que vous pouvez le désactiver? Ce serait bien apprécié!

- Merci, l'équipe du Canal Auditif