Critiques

M83

DSVII

  • Mute
  • 2019
  • 56 minutes
6,5

Gärgnarof, le mage guerrier, parcourt le désert Fradrasil. Pourchassé depuis qu’il a quitté la cité marchande de Yoll il arrive finalement à sa destination : Ballanmuir, la prison des dieux. Derrière les dunes de cristal, une tempête électrique gronde, mais Gärgnarof n’entend que le bruit assourdissant de sa haine.

Ce début de saga parfaite pour votre prochaine partie de Donjons et Dragons (que je laisse libre de droits à tous les Maîtres de Donjon intéressés) a été rédigé durant l’écoute de DSVII, acronyme de Digital Shade Volume II, le dernier album de M83. Toujours piloté par le français Anthony Gonzalez, ce projet de synthpop rock est encore un vaisseau propulsé par tous les synthétiseurs analogiques imaginables. Avec DSVII , Gonzalez nous invite dans un univers fantastique, quoique par moment sirupeux, en 15 chansons instrumentales.

M83 est reconnu pour beaucoup pour des succès (et ratés) d’électro-pop survoltés où se concentrent tous les excès des années 80. Anthony Gonzalez a cependant un catalogue ambiant bien garni, que ce soit avec DSVI sorti en 2007, ou son travail en tant que compositeur de trames sonores, notamment celle du thriller de science-fiction Oblivion de 2013. Versatile, le musicien combine dans DSVII des ambiances cinématographiques contemplatives à des envolées dynamiques grisantes (Lune De Fiel, Temple of Sorrow). Cependant le cœur de DSVII est bel et bien ambiant.

Pour enregistrer ses rêveries sonores futuristes qui s’inspirent des jeux vidéo et de l’univers Donjon et Dragons, Gonzalez délaisse pratiquement tout l’attirail du rock. Les claviers sont les outils de prédilections. Par moments, les notes de synthétiseurs s’étirent sans fin en suivant un horizon inconnu (A Bit of Sweetness, Feelings, Mirage, Taifun Glory), alors qu’un chœur éthéré, artificiel ou humain, fait des entrées dramatiques. Les textures sonores de Suzanne Ciani et Brian Eno sont citées comme des influences majeures du projet. Difficile de ne pas entendre des ressemblances.

L’aventure proposée par Gonzalez n’est pas sans embûches. Certaines des mélodies synthétiques sont carrément ennuyantes (A Taste of the Dusk). Des choix douteux de programmation de synthétiseurs qui sonnent comme d’authentiques mièvreries agressantes (Meet the Friends ) ou insipides (Oh Yes You’re, There Everyday) incluses.

Si vous cherchez une expérience pour de l’écoute active peut-être que vous trouverez le temps long. Plusieurs des 15 chansons auraient pu être regroupées pour en faire des pièces plus longues, mais avec un produit final plus concentré. L’impact général du projet aurait été beaucoup plus mémorable, il me semble. M83 nous embarque dans une quête musicale instrumentale inégale dans laquelle vous serez autant charmé qu’agacé par une nostalgie en 8-bit.

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