Critiques

Lingua Nada

Djinn

  • Indépendant
  • 2019
  • 47 minutes
7,5

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’écoute une quantité vraiment minuscule de musique rock qui provient d’Allemagne, du moins de la part de groupes qui sont actifs en ce moment. Évidemment qu’il y a eu de la grande musique kraut, mais je l’associe surtout au rock des années 1970, à la musique classique des 18e et 19e siècles, et plus récemment à sa scène techno, qui attire en fait des artistes du monde entier.

En septembre, un service de musique en continu me suggère Lingua Nada, formation basée à Liepzig qui peut être classée dans la catégorie rock uniquement parce que le “rock” est maintenant devenu une catégorie de musique si vaste et vague que le mot à lui seul ne veut presque rien dire. Le groupe se serait formé en 2015 après une courte existence sous le nom Goodbye Ally Airships, et ses médias sociaux indiquent qu’il compte trois membres permanents et NEUF anciens membres, ce qui me fait imaginer un leader intransigeant, ambitieux et possiblement invivable. Et cette personne a tout l’air d’être Adam Lenox Jr., qui endosse à la fois les rôles de chanteur, guitariste, compositeur et réalisateur, et qui avait lui-même joué de tous les instruments sur l’unique enregistrement de Goodbye Ally Airships .

Lingua Nada case beaucoup d’idées, de styles et d’énergie dans des chansons généralement courtes, digestibles par leur brièveté, mais exigeantes par leurs coq-à-l’âne. À vouloir en mener aussi large, il arrive que ça déborde et éclabousse un peu, mais c’est l’envers de la médaille d’une voracité musicale très impressionnante. Il ne faut que quelques minutes en début d’album pour sauter subitement du jazz fusion au noise rock puis au R&B lo-fi et au space rock accrocheur. C’est d’ailleurs ce côté accrocheur et enjoué qui sert d’unique fil conducteur ici: on sent que Lingua Nada se permet absolument tout, tant qu’il peut s’amuser avec d’une façon ou d’une autre, soit en l’exécutant avec brio, soit en y donnant une saveur personnelle et impertinente.

Côté textes, ce n’est jamais mieux que moyen ou volontairement obtus, il manque quelque chose comme un thème qui donnerait à l’ensemble plus de cohésion, et tout n’est pas uniformément aussi captivant que les gros coups comme les pièces Baraka, Dweeb Weed et la pièce-titre, mais il y a somme toute très peu à redire de cet album nettement plus évolué que les enregistrements précédents du groupe. À ce rythme, si la formation peut maintenir un peu de stabilité et avoir un peu de chance, le suivant sera à tout casser.

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