Critiques

LAFAYETTE

LES DESSOUS FÉMININS

  • Entreprise
  • 2016
  • 40 minutes
7

lafayetteFrédéric Lafayette est la dernière recrue de la maison de disque Entreprise à faire paraître son premier album. On y retrouve un son habituel pour la maison française, du synth-pop assez mélodieux avec une bonne dose de mélancolie. Quelque part entre Sébastien Tellier et Institut, le jeune homme possède aussi un goût pour la simplicité que Katerine peut offrir sans toutefois adopter son style fleuri dans ses textes.

Dans Les dessous féminins, Lafayette nous offre des textes qui traitent de l’amour, des aventures, des rencontres, des cœurs brisés. Il y a beaucoup de mélancolie qui sous-tend les paroles et même lorsque ce n’est pas essentiellement ce qui prend le plus de place, elle est toujours là en filigrane. Dans l’ensemble, ce qu’il propose n’est pas révolutionnaire, mais saprément efficace.

Il attaque les problèmes du quotidien sous plusieurs angles dont celui de la routine. Il nous la chante avec un ton semi-monotone, mélodieux sans être convenu, avec l’appréciable Automatique. Cette dernière tourne au cauchemar lorsque le protagoniste se retrouve devant un bogue de programme qui mène à une bite montrée en public au mauvais moment. Il y a un peu de cette folie présente dans l’ensemble de l’album. La chanson-titre est un autre bon exemple alors qu’il nous parle de son plaisir à porter des sous-vêtements laissés derrière par une conquête. Non seulement c’est aussi satiné que l’objet de convoitise, mais en plus c’est dansant. On remarque quelques similitudes avec Le Couleur dans ses chansons les plus dynamiques.

On parlait d’abord de cette ambiance un peu déprimée qui sous-tend les textes. La mélancolie française, en plus d’être une excellente chanson avec un air intoxicant, est un bon exemple de cela. Malgré le gris ambiant, il reste pince-sans-rire comme le démontre La mort c’est mauvais genre. Je perds la boussole atteint le paroxysme de la tristesse avec son mélange de sonorité de claviers kitsch, l’Auto-Tune qui filtre la voix et les chœurs qui répètent certains passages.

Lafayette fait un bon premier pas avec Les dessous féminins. Si vous aimez Le Couleur, Sébastien Tellier et la synth-pop en général, vous risquez de découvrir un jeune homme français à suivre. Il fait très bien dans le genre et possède une certaine mélancolie qui est attendrissante.

Ma note: 7/10

Lafayette
Les dessous féminins
Entreprise
40 minutes

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