Critiques

Jimmy Hunt

Le Silence

  • Grosse Boîte
  • 2020
  • 24 minutes
8
Le meilleur de lca

Jimmy Hunt n’a pas chômé dans les derniers temps. Son groupe Chocolat est très actif enchaînant tournées et sorties d’albums. Le plus récent album du groupe, Jazz engagé, est paru en novembre 2019. Ceci n’a pas empêché Jimmy Hunt de s’exiler dans sa maison achetée en Gaspésie en décembre pour aller vivre un peu de solitude et plancher sur l’écriture de ce quatrième album.

On allait peut-être se retrouver
Sur le chemin de la décroissance
De la décroissance

La décroissance

S’il y a une chose qui est claire sur Le Silence, c’est que paradoxalement, les mots y tiennent une place importante. Une place importante, mais économe. Jimmy Hunt use de peu de mots pour nous partager les émotions et réflexions qu’il veut transmettre. Même chose du côté musical. Exit les chansons fantasques de Maladie d’amour. On revient ici à une forme plus directe, plus brute sans évincer la beauté du portrait.

Le Silence a été marqué par le décès du père de Hunt. Les sentiments qui ont entouré sa mort sont décrits avec une lucidité effrayante sur Ambulance. Jimmy Hunt trouve le moyen d’encapsuler en 4 vers ce que tous vivent lors de la mort d’un proche. Ce sentiment de savoir que la personne était tellement plus que ce qui reste de son enveloppe inanimée. C’est tout à fait magnifique. Tout comme les envolées légères qui suivent lesdits vers où Hunt vocalise en visant le ciel.

Les gens qui m’aiment, pour sa part, est rempli d’une certaine forme d’aveu.

Les gens qui m’aiment volent avec moi
Je suis leur chemin de croix
Les gens qui m’aiment

Les gens qui m’aiment

C’est une pièce qui témoigne à la fois d’un tempérament frondeur et des répercussions que ça peut avoir sur l’entourage. C’est simple, efficace, beau et toujours brillamment écrit. Honnêtement, Jimmy Hunt ne perd pas de salive à chanter des mots inutiles sur Le Silence. Chaque parole s’en trouve donc magnifier. Dans cette économie de langage, on reste avec l’essentiel qui nous semble encore plus grand qu’à l’ordinaire, disséminé à travers le bruit des mots de remplissages.

La chanson-titre pour sa part décrit bien le nouvel environnement de Hunt qui est maintenant en semi-exil dans la nature. Par contre, cet album, il ne l’a pas fait seul. On retrouve Steeven Chouinard (Le Couleur) à la prise de son, José Major (Salomé Leclerc, Pierre Lapointe) derrière les tambours, Mico Roy (Les Hôtesses d’Hilaire) à la guitare et quelques autres musiciens talentueux qui l’ont accompagné dans l’aventure. Le résultat est sobre et convaincant.

Jimmy Hunt a été directement à l’essentiel pour Le Silence. Un chemin très différent que celui de Maladie d’amour. Et dans cet environnement décharné, il est toujours aussi rayonnant de talent et de poésie. Jimmy Hunt a une façon d’identifier l’universel dans le quotidien qui n’est pas donné à tous. On écoutera encore et encore avec plaisir.

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