Critiques

Chocolat

Jazz engagé

  • Dare To Care Records
  • 2019
  • 55 minutes
9
Le meilleur de lca

Même s’ils font maintenant du Jazz engagé, Chocolat sait faire plaisir en bons rockeurs. Plus de 50 minutes avec la voix de Jimmy Hunt qui crie, raconte, chuchote et séduit tout de cuir vêtu alors que la bande se démène avec ingéniosité. On dirait qu’ils jouent tout ce qui leur passe par la tête, et ça fonctionne, sans aucun doute. À la fois plus éclaté et plus mature que leurs deux dernières galettes, qui étaient déjà de haute qualité.

« Je suis ceinture noire,

en poésie. »

Fou fou fou mon minou

Souvent l’album thématique est une seule longue histoire pour laquelle chaque pièce est un chapitre. Chocolat nous offre plutôt un recueil de poésie. Il y a des thèmes qui reviennent – les excès du rock, l’apparente solitude bizarre d’un artiste, la consommation – souvent dans une seule ligne narrative. On ne comprend pas toujours les liens entre les chansons, mais chaque écoute crée plus de sens entre elles. Les textes sont souvent courts, avec des phrases utilisant un ridicule assumé pour devenir poignantes après les premiers rires. Meilleur exemple, cette ligne incroyable (que je ne veux pas vous divulgâcher) aux tendances culinaires phalliques à propos d’un hot-dog. Simple phrase coup de poing qui synthétise le spectacle désolant et excentrique de la déchéance que s’impose nos idoles. Quoi de mieux que le divertissement écoeurant de l’excès ?

«  Si vous comprenez rien des paroles

C’est normal

C’est du rock’n’roll »

Cerise Lime Bleuet

C’est une collection de chansons beaucoup plus bigarrée que les autres albums récents du groupe. Peut-être que c’est la longueur de l’album double qui fait réaliser à quel point la bande est à l’aise dans un large registre de sonorités. Parfois, c’est doux comme du satin (Jazz engagé), jusqu’à se sentir en pleine virée de mustang avec notre bon chum de jeunesse surnommé Devil Boogie (Devil c’ta tout le monde). Si on apprenait qu’ils avaient assez de matériel pour sortir un album de Jimmy Hunt solo (Valvidia et R.D. Ousqueté particulièrement) et un album de Chocolat, ça ne me surprendrait pas. D’avoir décidé de les sortir comme une seule odyssée de rock, c’est malin. Les changements d’ambiance sont parfois surprenants, mais tout tient habilement ensemble.

Ceux et celles qui adorent passer des heures dans les bacs de vinyles usagés seront ravis par Jazz engagé. Allez l’écouter devant les bacs du rock-glam-garage des années 70-80, vous n’arrêterez pas de trouver de nouvelles références. Je pourrais m’embarquer dans une énumération longue et un peu pénible, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir. Si j’avais à en choisir une seule ce serait le meilleur des ambiances de T.Rex dont le guitariste aurait écouté en boucle Engagement (j’ai triché, j’ai mis deux références…).

Même si on pense à tellement d’anciens géants à l’écoute, Jazz engagé sonne comme un album classique en devenir. 21 pièces hommages aux albums intemporels qui ont marqué les gars de Chocolat. Un projet qui pourrait devenir à son tour une galette très prisée chez les disquaires, et pour longtemps.

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