Critiques

Jeff Tweedy

WARMER

  • dBpm Records
  • 2019
  • 33 minutes
7,5

En novembre dernier, le meneur de l’importante formation américaine Wilco, Jeff Tweedy, lançait un premier album solo exclusivement rempli de nouvelles chansons : WARM. Enregistré dans le mythique studio de l’artiste situé à Chicago (The Loft), Tweedy a pratiquement tout fait lui-même, à part les pistes de batterie qu’il a confiées en grande partie à son fils Spencer.

WARM est un très bon cru, traditionaliste et peu inventif dans la forme, mais puisque Tweedy est un parolier doué et un mélodiste supérieur à la moyenne, ce disque se positionne largement au-dessus de tout ce qui se crée dans ce genre fourre-tout que l’on nomme « americana ».

Le 13 avril dernier, dans le cadre du Record Store Day, Tweedy donnait naissance au petit frère de WARM. Intitulée logiquement WARMER, ces chansons ont été captées durant les mêmes sessions d’enregistrement que son prédécesseur. Ceux qui ont aimé WARM ne seront pas désarçonnés à l’écoute de cette nouvelle parution. Même si Tweedy a lancé les deux disques séparément, toutes ces chansons auraient pu être regroupées au sein d’un album double tant elles sont issues du même moule. Une seule différence notable : l’atmosphère plus mélancolique qui caractérise ce deuxième chapitre.

Encore une fois, ce qui distingue Tweedy de ses semblables, c’est cette capacité à métaphoriser sa pensée, tout en demeurant d’une admirable humilité. L’homme n’est jamais pontifiant et sait être simple, sans être simpliste. Dans Landscape, le vétéran décrit, en deux phrases toutes simples, la raison pour laquelle il écrit :

« Pushing words onto the page

Patching where the heart is frayed »

Landscape

Musicalement, le compositeur demeure dans sa zone de confort coutumière. Dans l’univers de Jeff Tweedy, une guitare, un rythme minimaliste, quelques pointes de claviers et une imparable mélodie suffisent amplement pour séduire l’auditeur. Et c’est ce qui est proposé dans ce WARMER.

L’album regorge de bonnes chansons. On pense aux arrangements dissonants en conclusion de … and Then You Cut It In Half et à l’influence des légendaires The Byrds dans Empty Head. Dans Sick Server, Tweedy fait référence à l’exigeante et trépidante vie de tournée; un rythme de vie qu’il n’avait pas imaginé de la même façon pendant son adolescence… Mais la chanson phare de ce WARMER est Family Ghost : une pièce qui expose avec éloquence la transmission générationnelle du racisme chez les Blancs nés dans les états sudistes de ce pays profondément divisé.

WARMER sera disponible officiellement le 12 juillet prochain chez tous les bons disquaires et dans toutes les plateformes de diffusion habituelles. Si vous avez aimé WARM, vous serez tout aussi charmés par la sincérité et la modestie de ce grand auteur-compositeur-interprète.

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