Critiques

Hot Snakes

Jericho Sirens

  • Sub Pop Records
  • 2018
  • 31 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Pas de doute, les Hot Snakes sont de retour.

5 secondes d’écoute de leur 4e album suffisent pour constater que la bande de John Reis et Rick Froberg n’a rien perdu de sa forme olympique, malgré les 14 ans qui séparent Jericho Sirens d’Audit In Progress. Mêmes riffs incendiaires et frénétiques du leader de Rocket From the Crypt, même passion hargneuse dans la voix pour le vocaliste d’Obits, Pitchfork et Drive Like Jehu, même basse punk pour Gar Wood et même gros drums énervés, joués ici à la fois par Jason Kourkounis et Mario Rubalcaba, les deux batteurs qui se sont succédé derrière les fûts lors de la première trilogie d’albums. Difficile de faire plus complet en matière de réunion.

D’ailleurs, ça fait déjà un bon moment que les serpents chauds ont ressuscité via de nombreuses tournées. On se souvient encore clairement de leur passage remarqué à Pop Montréal en 2012 avec METZ en première partie. Un nouvel album s’imposait d’ores et déjà à cette époque, mais les gars ont pris leur temps et un bon petit contrat offert par Sub Pop a sûrement pesé dans la balance pour ces jeunes quinquagénaires férocement indépendants, mais probablement exténués d’avoir chacun 3-4 bands, des tournées et une étiquette de disques (Swami Records) à gérer.

Une seule chose est sûre. Si fatigue il y a, ce n’est ni sur scène, ni sur disque. Jericho Sirens est le digne successeur de la discographie devenue légendaire du quatuor. Un galet concis qui frappe en masse et à la bonne place. Un riff nerveux typique de John Reis ouvre l’album sur I Need A Doctor qui traite du vieillissement et des défaillances corporelles qui viennent avec. Candid Cameras s’inscrit dans la lignée des pièces construites sur des motifs répétitifs du groupe (comme Salton City ou Think About Carbs, entre autres) alors que Why Don’t It Sink In ? est facilement une des chansons les plus hardcores jamais enregistrées par le band, du haut de sa minute et quart. Six Wave Hold-Down était un premier extrait très convaincant et il a été suivi par la sortie d’une vraie bombe : Death Camp Fantasy qui occupe une place de choix dans mon top 10 des meilleures chansons de l’album (sur 10). C’était déjà une bonne nouvelle en soi d’avoir droit à deux excellentes nouvelles chansons des Californiens et c’est plutôt jubilatoire pour l’amateur de se rendre compte que le reste ne déçoit pas une seconde. Having Another ? est un brûlot punk essentiel avec sa répétition enragée (YOU’RE SCREWED!!!), Death Doula ralentit à peine la cadence afin de faire place à une autre pièce pleine de fiel nommée Psychoactive. C’est Death of a Sportsman qui vient fermer ce 4e opus avec fracas, nous laissant avec un grand sourire de satisfaction étampé dans la face.

Vraiment, je n’ai rien à dire contre le nouveau Hot Snakes. C’est une réussite unilatérale. Une nouvelle dose convaincante de ce rock garage à saveur punk inimitable et instantanément accrocheur dont ils sont les seuls pourvoyeurs au monde. Bon, la pochette aurait pu être inspirée par celles des trois prédécesseurs, qui portent tous des couleurs vives décorées des dessins absurdes de Froberg, mais si vous tenez vraiment à mettre une photo de Gar Wood qui fait du surf, c’est correct aussi les gars. Anyway, votre retour sur disque est déjà suffisamment « mind blowing » comme tel.

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