Critiques

Hop Along

Bark Your Head Off, Dog

  • Saddle Creek
  • 2018
  • 40 minutes
7,5

En 2015, la formation états-unienne Hop Along, originaire de Philadelphie, s’était fait connaître d’un plus large public avec la parution de l’excellent Painted Shut; disque réalisé par John Agnello qui mettait de l’avant autant le côté rugueux du quatuor que les mélodies inventives de la meneuse Frances Quinlan. Pas de doute, Hop Along porte l’empreinte de cette excellente auteure-compositrice-interprète.

Cette fois-ci, le groupe s’occupe pleinement de sa démarche artistique en réalisant d’un bout à l’autre ce nouvel album intitulé judicieusement Bark Your Head Off, Dog. Voilà ce que déclarait Frances Quinlan récemment, sur NPR, concernant la thématique principale de ce disque : « There’s an anger realizing the language that I lacked, the tools that I lacked to express myself and see value and prove in my expression, rather than deferring to men for my value and worth ».

Et voilà. Les femmes se lèvent une nouvelle fois avec courage et remettent en question le statu quo, les valeurs dites « masculines » qui dominent la planète depuis des millénaires, causant éternelles guerres/génocides, humiliations de tout acabit et j’en passe. Je ne peux que souscrire pleinement à la pensée et aux concrètes actions des Frances Quinlan de ce monde. Bark Your Head Off, Dog est un album que je conseille spécifiquement à tous ces messieurs (soyez sans crainte, je m’inclus dans le lot, j’ai toujours des choses à apprendre) qui refuse les relations égalitaires entre hommes et femmes. Voilà pour le propos.

Qu’en est-il de la musique ? Hop Along raffine le son d’ensemble, délaissant les moments explosifs pour faire place à des chansons nettement mieux réalisées. Cordes, claviers, folk réconfortant se côtoient habilement. Néanmoins, ce virage consensuel est venu amoindrir quelque peu mon enthousiasme. Les chansons de Frances Quinlan sont plus percutantes en mode rock plutôt qu’en format folk-pop radiophonique. Cela dit, le confort musical proposé sert parfaitement les lignes mélodiques acrobatiques de la chanteuse qui constituent, à elles seules, la signature sonore du groupe. De cette façon, les textes autobiographiques de l’artiste sont mis à l’avant-plan. La nouvelle orientation sonore n’est donc pas étrangère à la clarté du message de Quinlan.

Bark Your Head Off, Dog renferme d’excellentes chansons. L’orchestrale Not Abel, l’accrocheuse How Simple, la très R.E.M. titrée One That Suits Me, les guitares arpégées dans What the Writer Meant et la conclusive Prior Things représentent les moments forts de cette production.

En tenant compte de la qualité littéraire, de l’interprétation sentie et des mélodies effervescentes de Quinlan, je ne saurais trop vous conseiller ce très bon disque. Les fans d’Ani DiFranco, d’Elvis Costello et les adorateurs de la discographie récente de R.E.M. pourraient être séduits par l’indéniable talent de Frances Quinlan.

Honnêtement, c’est la fille qui fait le band. Tant mieux !

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