Critiques

Har Mar Superstar

Roseville

  • Love On Line
  • 2021
  • 39 minutes
6

Le chanteur sensuel Har Mar Superstar, de son vrai nom Sean Tillmann, est reconnu pour sa légère ressemblance à Ron Jeremy, ainsi que pour son style musical pop indie largement teintée de R&B et de soul. Malgré sa réorientation professionnelle en facteur pendant la pandémie, Har Mar Superstar n’abandonne pas la musique et présente son septième album : Roseville. Cet album baigne toujours dans le même style et fait donc passer un agréable moment, mais sans plus.

Har Mar Superstar est également reconnu pour en mettre plein la vue sur scène : des costumes glamour, de la danse érotique en bedaine et parfois même en bobette et des acrobaties téméraires. Le genre de divertissement qui fait tourner toutes les têtes même dans le contexte d’une première partie (The Afghan Whigs au Théâtre Fairmount en 2017). 

Mais les enregistrements en studio n’apportent pas autant de satisfaction que les performances sur scène. Roseville offre certains arrangements bien délicieux ainsi qu’une voix solide, mais le résultat est tout de même ennuyeux. Le choix d’un genre musical si souvent revisité et ressuscité n’avantage personne non plus. Sa pop noyée dans les sonorités soul et R&B des années 70 n’apporte jamais rien de bien nouveau ni de particulièrement excitant, comme sur les chansons Neon Aglow et Where We Began.

Sur certaines chansons telles que Hearts Have Misspoken, Har Mar Superstar favorise même malheureusement la grosse pop dégoulinante beurrée bien épaisse au détriment de mélodies profondes et étonnantes comme il avait pourtant su le faire auparavant, notamment sur l’excellente Personal Boy provenant de l’EP du même nom sorti en 2017.

Har Mar Superstar propose tout de même des titres très intéressants. Hello, Mr. Sandman ressort du lot par sa combinaison inhabituelle de ballade de chanteur de charme et de musique psychédélique planante. Les longs chœurs se fondent aux cuivres grandioses et le tout fait rêver, sans sentir le déjà vu. De son côté, la sombre Patchwork Prisms détonne agréablement du reste de l’album. Elle propose un rare et joli solo de guitare mélancolique et une voix émotive sincère : 

« A patchwork that unravels in my mind 
One last burst of color so the leaves can fall and die
»

– Patchwork Prisms

L’excentrique chanteur est également assez talentueux pour savoir comment marier une bonne indie pop colorée à son style vieillot immortel, comme sur Hit and Run qui est à la fois dansante et amusante : 

« Watch out before you hit and run my heart down 
‘Cause I might see my whole life laid out on the road »

– Hit and Run

Si Sleight of Hand ne révolutionne rien, sa pop très groovy accroche l’oreille juste assez. Pour sa part, la survoltée et optimiste Solid Ghost rappelle au départ la pop des années 60 à la Beach Boys, puis ses puissants cuivres prennent toute la place, tout comme la jovialité du chanteur : 

« Yeah you wait so long for someone 
Wait so long and suddenly your heart explodes »

– Solid Ghost

Comme à son habitude, Har Mar Superstar joue habilement entre pastiche et talent assumé sur Roseville. Alors que le charme du pastiche dure brièvement, celui du talent reste plus longtemps. Malgré son talent évident, Har Mar Superstar ne parvient pas toujours à ajouter une touche intéressante et innovante à son style bien connu… comme si son obsession pour créer une musique bien léchée lui faisait parfois oublier comment être réellement accrocheur, touchant ou même hilarant. Roseville offre des chansons de qualité en théorie, mais le résultat inégal s’oublie assez rapidement. 

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