Critiques

Feathership

Howl

  • Maisonnette
  • 2014
  • 31 minutes
6

feathership_howl.jpg.pagespeed.ce.Lqp5eajkrULa formation de folk-pop nommée Feathership faisait paraître en 2009 un maxi homonyme détenant des ascendants musicaux évoquant autant Fleet Foxes qu’Elliot Smith. La semaine dernière, la bande menée par le compositeur/chanteur Jean-Philippe Sauvé et complétée par Gregory Leclair-Paquet (guitare), Mathieu Vézio (batteur) et Étienne Rocheleau (basse) revenait à la charge avec un premier album sous la manche intitulé Howl. Réalisé par l’acolyte de Sauvé, Vincent Blain (Polipe, Navet Confit, L’Indice), voilà une sitedemo.cauction qui pourrait plaire aux fervents de folk velouté et consensuel.

D’entrée de jeu, on remarque la voix suave et prenante de Sauvé qui remémore élégamment celle de Stuart Murdoch chez Belle & Sebastian. Les mélodies élémentaires (mais charmantes) du chanteur constituent indéniablement le principal attribut de Feathership et le réalisateur a bien su mettre à profit les inflexions vocales du vocaliste en les positionnant raisonnablement à l’avant-plan dans le mix.

Ce Howl est une conception sonore se situant à cheval entre un folk introspectif/dépouillé (d’un raffinement certain) et une esthétique indie-pop parfois conformiste. L’ajout de cuivres, de percussions rudimentaires, de sifflotements infantiles a été utilisé à outrance au sein de ce genre musical et ce type d’arrangements gentillets vient quelque peu amenuiser l’appréciation de ce disque. Feathership est à son mieux lorsqu’il propose une austérité sonore plutôt qu’une litanie d’orchestrations maintes fois entendues.

Ceci dit, le talent de songwriter de Sauvé est indéniable et sa capacité à concocter de ravissantes lignes mélodiques fédératrices, sans être racoleuses, est à souligner en caractère gras. Parmi les ritournelles prisées par votre dévoué critique, on a noté la frémissante pièce-titre Howl, la prenante Lion’s Home, la superbe Girl, le brin de folie guitaristique dans Morning Love ainsi que le folk éthéré intitulé Reverie. En contrepartie, on a eu un mouvement de recul face aux arrangements convenus sitedemo.caigués sur Missing You, Tumbling et Silent Frames. Par ailleurs, on aimerait souligner la participation sobre, mais absolument efficace, de Michèle O et Gabriella Hook; deux chanteuses douées qui appuient adéquatement Sauvé sur quelques pièces.

On le répète, c’est en format sobre qu’on apprécie Feathership! Le groupe présente un Howl pertinent et digestible, mais qui manque un tantinet de folie et de dérives sonores. C’est ce conservatisme musical qui empêche cette création de se hisser au même niveau que les Half Moon Run, Folly & The Hunter et autres consorts de cette catégorie musicale. Qu’à cela ne tienne, si Feathership réussit à triturer habilement ses arrangements, augmenter la prise de risque et ainsi sortir des sentiers battus, la formation pourrait sérieusement nous surprendre à l’avenir. Jean-Philippe Sauvé est sans contredit un mélodiste talentueux et chevronné. Satisfaisant!

Ma note : 6/10

Feathership
Howl
Maisonnette
31 minutes

//www.feathershipmusic.com

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