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Critiques

Emma Ruth Rundle

These Killing Times

  • Indépendante
  • 2026
  • 44 minutes
7,5

Emma Ruth Rundle lance These Killing Times, son sixième album solo, qui mise sur des sonorités plus lourdes et qui rappellent les excellentes années Some Heavy Ocean. On la retrouve en voix avec des guitares bien distorsionnées qui tendent vers un shoegaze plus lourd. Ayant le besoin d’évacuer une certaine rage contre le patriarcat, elle le fait de la meilleure manière possible avec des mélodies qui nous habitent et des interprétations convaincantes.

Après avoir beaucoup misé sur le piano sur Engine of Hell, Emma Ruth Rundle semble être revenue à la guitare, même si on entend toujours des moments pianistiques qui valent le détour, comme sur la délicate God’s Picture. Dans la partie plus calme parce que ça finit par prendre son envol avec une bonne dose de rock dans la deuxième moitié. À ce moment, on s’abandonne volontiers à sa voix qui nous emporte dans cette tempête sonore. Il faut dire que c’est aussi un retour à un groupe complet autour d’elle. Une panoplie de musiciens ont mis la main à la pâte, dont Patrick Shiroishi, Gina Gleason de Baroness et Marissa Nadler.

And you held us under, with wanton disgust
You said you’d do better, but power corrupts
You run like madmen, ragged over this place
The craven habits hammer, madness I can’t escape…
Powerless

Powerless met la table en lançant l’album avec une bonne dose de rock où Emma Ruth Rundle brille à la fois dans les moments plus calmes que dans les grandes envolées distorsionnées. Le même sentiment de magnificence de Some Heavy Ocean. C’est particulièrement vrai dans l’excellent pont vers les deux minutes trente. Dans la pièce, elle exprime une frustration face à l’état du monde. Cette frustration sera le fil conducteur de l’album. Mais plutôt que de rester dans la noirceur, Emma Ruth Rundle cherche l’espoir et le trouve presque sur la lourde et puissante Human Kindness. Malheureusement, c’est comme si le réel espoir restait hors d’atteinte.

It runs deeper than you know, my love
My love, am simple minded
I can take you wherever you want to go
I am full the milk of human kindness
Human Kindness

Même si la pièce commence de manière plutôt positive, ça se gâte en chemin. Heureusement, les choses se placent Oceans of Time, où Emma Ruth Rundle en vient à la conclusion que ce sont les humains qui sont la cause de la misère humaine et entrevoit un monde en dehors des contraintes de nos sociétés contemporaines qui sont prises dans les guerres incessantes sur des bouts de terre ou encore des divisions entraînées par les religions.

Musicalement, Emma Ruth Rundle continue de créer des pièces intéressantes qui s’aventurent dans de nouvelles avenues. Le plus bel exemple est la surprenante Catherine Wheel, qui compte sur l’apport de Gina Gleason. La pièce rock offre de très beaux moments mélodiques.

Comme toujours, Emma Ruth Rundle propose une œuvre accomplie de grande qualité. Si vous aimez la chanson un peu noire, qui mise à la fois sur un folk lugubre et le shoegaze avec un amour pour le métal, vous serez ravi, comme je le suis, de These Killing Times.

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