Critiques

Eerie Wanda

Pet Town

  • Joyful Noise Recordings
  • 2019
  • 32 minutes
7,5

Suite à leur album Hum, sorti en 2016, le groupe Eerie Wanda a non seulement effectué un débroussaillement majeur de ses membres (exit le batteur Nic Niggebrugge, le guitariste Bram Vervaet et le percussionniste Marnix Wilmink), mais également un changement de maison de disque.

Signé dorénavant chez Joyful Noise, ce nouveau trio formé de Marina Tadic (voix, guitare et écriture), de Jasper Verhulst (basse) et de Jeroen de Heuvel (clavier), revient avec Pet Town, un agréable, calme et réconfortant second album.

L’album débute gaiement avec Pet Town : une chansonnette ensoleillée, au parfum rétro sixties, enjolivées de gazouillements apaisants d’oiseaux. Par la suite, avec Blue Big Bird, l’atmosphère prend un tournant plus rêveur et contemplatif. En fait, nous passons à travers plusieurs états d’âme durant l’écoute de ce disque. Le thème de l’isolement, de la solitude, du manque et du rêve s’illustre par des chansons tantôt rythmées, telles que Sleepy Eyes, Couldn’t Tell et l’aventure tropicale de Magnetic Woman, pour basculer par la suite dans la douceur spirituelle et romantique de Moon, une jolie pièce intimiste qui nous permet de frayer un moment avec les étoiles.

Mis à part quelques pistes, la majorité du disque s’avère très mélancolique avec des trames délicates et introspectives telles que Truly, la somptueuse et dernière pièce de l’album. Rien de larmoyant, juste des pièces d’une grande sensibilité avec des arrangements jouant sur les contrastes; entre la noirceur et la brillance.

Le style n’a pas tant changé depuis l’album Hum, mais il est interprété différemment. Il dévoile une nouvelle confiance qui se traduit par des mélodies audacieuses et plus calculées. Le groupe maîtrise bien ses outils et les genres qu’il souhaite intégrer à sa musique. En plus de la guitare, la basse, le clavier et le ukulélé et une boîte à rythmes Roland-CR 78, il y a quelques percussions simples et sympathiques telles que des claquements de doigts et des applaudissements qui sont utilisés habilement sur l’album apportant ainsi une tout autre couleur à leur registre.

La voix de Marina est magnifique, convaincante et cohérente, à la fois solide et sympathique et exorcise élégamment tous les mots qui l’habitent en leur apportant un fort investissement émotionnel. Elle est tout simplement le véhicule idéal pour mener à bon port l’instrumentation minimaliste de ses complices.

Eerie Wanda stimule l’imagination et livre un disque bien équilibré et une sérénité à sa dream-pop envoûtante qui donne envie de s’évader pour oublier et s’en aller vers une léthargie admirative.

J’ose espérer que Pet Town ne s’avérera pas un succès limité pour ce groupe qui est dans un circuit déjà très submergé de plusieurs autres collectifs indépendants similaires, car il vaut la peine d’être écouté. Il possède un bel écrin musical qui se révèle aux fils des écoutes, incluant plusieurs nuances intéressantes qui ont le mérite de ne pas laisser l’auditeur indifférent.

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