Critiques

Dumb

Club Nites

  • Mint Records
  • 2019
  • 35 minutes
7,5

On sait très peu de choses sur la formation post-punk-garage vancouvéroise Dumb. Assemblé autour de Franco Rossino (voix, guitare), le quatuor est complété par Nick Short (guitare), Pipé Morelli (batterie) et Shelby Vredik (basse). En 2018, fort de sa signature avec la maison de disques Mint Records, le groupe nous proposait Seeing Green; un disque plus touffu, plus punk et un peu moins cohérent que le tout dernier né.

Intitulé Club Nites, paru en juin dernier, le nouvel album de ces jeunesses a été enregistré, écrit et mixé par la formation elle-même; une bande parfaitement D.I.Y ! Même si le matriçage de l’album a été confié à Mikey Young – qui a travaillé étroitement avec l’un des meilleurs groupes rock garage australien, Eddy Current Suppression Ring – les Canadiens ont tout fait du début à la fin.

Parmi les parutions « d’un océan à l’autre », ce Club Nites se classera bien haut dans les listes des excellents albums, portant fièrement l’unifolié, à avoir paru cette année. Comme le titre de l’album l’indique, Dumb nous propose une virée remplie d’observations sarcastiques sur le mode de vie de tous ces fêtards qui ne jurent que par les « brosses dansantes » du week-end et les rencontres sexuelles fortuites… qui laissent ledit « clubber » émotionnellement vide.

Musicalement, on est ici en plein post-punk classique détenant quelques sursauts garage-rock qui évoquent fortement le son de Parquet Courts. On y décèle également un petit ascendant de Pavement, particulièrement dans la pièce titrée Cursed. Même si Dumb respire la fleur de l’âge (et le manque d’expérience), les chansons présentées sur ce deuxième album sont d’une efficacité étonnante, assez pour nous donner envie d’écouter l’album en boucle.

C’est joué avec une énergie admirable et cette charge caustique sur cette vie nocturne futile, parfaitement « instagrammée », inspirée par toutes ces starlettes hollywoodiennes en quête de célébrité instantanée, nous a réjouis au plus haut point. La ressemblance frappante à Parquet Courts pourrait en agacer quelques-uns, mais ce groupe sait ce que ça prend pour concevoir une chanson post-punk accrocheuse et efficace.

On vous invite à prêter l’oreille à tous ces petits bijoux magnifiquement baveux que sont les Submission, Beef Hits, My Condolences, Fugue, Columbo, Slacker Needs Serious Work, Knot in My Gut et CBC Radio 3. Sans que ce soit particulièrement inventif, Dumb sait être accessible, et ce, sans verser dans la ringardise.

Si vous aimez les Minutemen, Pavement, Parquet Courts et Bench Press, vous serez en bonne compagnie sonore avec Dumb.

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