Dry Cleaning
Secret Love
- 4AD
- 2026
- 41 minutes
Dry Cleaning s’est taillé une place enviable dans le cœur des amateurs de rock indépendant avec ses deux premiers albums. Alors que New Long Leg avait immédiatement charmé avec la dégaine unique de Florence Shaw et les instrumentations particulières de Lewis Maynard, Tom Dowse et Nick Buxton, le second, Stumpwork, avait montré que la formule était difficile à renouveler. Après avoir travaillé avec John Parish pour les deux premiers, Dry Cleaning s’est tourné vers Cate Le Bon pour ce troisième album à titre de réalisatrice.
Est-ce que cela apporte un vent de fraîcheur en soi? Pas tant. On retrouve la facture habituelle du groupe qui réside beaucoup dans la tension entre le spoken word de Shaw et la musique légèrement bruyante du groupe. S’il y a quelque chose qui offre un peu de renouveau sur Secret Love, c’est plutôt Tom Dowse à la guitare qui s’est raffermi un peu et l’autre, ce sont les mélodies vocales qui tranquillement commence à prendre un peu de place dans la livraison de Shaw.
La chanson-titre est un bon exemple de ces deux progressions dans le groupe, alors que Shaw flirte avec le chant pour le refrain sur un fond de chœur pendant que la guitare se fait nerveuse, mais agile. Mais ce n’est pas la seule pièce qui offre des moments surprenants. Ce encore plus vrai sur Joy, la mélodieuse pièce qui clos l’album. C’est aussi le cas pour Blood, qui ressemble à « Dry Cleaning qui se risque au shoegaze » sans jamais faire le saut complètement. Ça demeure un rapprochement qui fonctionne très bien.
L’humour pince-sans-rire de Dry Cleaning est toujours très présent avec des pièces comme Cruise Ship Designer, une œuvre typique du combo anglais. Si ce n’est pas la proposition la plus originale pour eux, ça demeure terriblement efficace. The Cute Things, pour sa part, plonge une fois de plus dans un style plus chanté avec une guitare qui rappelle les Rolling Stones du début de carrière.
Certaines pièces sont un peu moins marquantes. C’est le cas de Let Me Grow and You’ll See the Fruit ou encore Rocks qui tombe un peu entre les craques. Ce n’est pas mauvais, mais ce ne sont pas des pièces qui nous donnent particulièrement envie d’y retourner.
On sent une évolution qui n’est pas encore totalement vécue par Dry Cleaning sur Secret Love. C’est à tout le moins un très bon début et on y déguste déjà quelques bons essais et certaines pièces sortent du lot. Ce n’est juste pas parfait. Encore.