Critiques

Damaged Bug

Cold Hot Plumbs

  • Castle Face Records
  • 2015
  • 34 minutes
6

Damaged BugÊtes-vous exaspérés qu’on vous jase constamment de John Dwyer de la formation Thee Oh Sees? Si c’est le cas, vous n’avez qu’à vous en prendre à lui, car il est tellement sitedemo.cauctif et du fait que son travail est à la hauteur, on se voit dans l’obligation d’en parler. Cela dit, peu importe ce qu’il fera paraître d’ici la fin de 2015, on vous promet de prendre de congé de lui… à moins qu’il nous balance un disque exceptionnel!

Après avoir lancé l’excellent Mutilator Defeated At Last avec Thee Oh Sees, il y a environ deux semaines, le musicien est de retour avec son projet maison, un brin claustrophobe et raisonnablement synthétique: Damaged Bug. L’an dernier, on avait quand même apprécié la première offrande titrée Hubba Bubba qui portait en elle de fortes références krautrock. La semaine dernière, Dwyer revenait à la charge avec Cold Hot Plumbs sur lequel on retrouve les principales empreintes musicales de l’artiste: mélodies soupirées, l’éternelle esthétique lo-fi et l’effet «buzzant» qui demeure immuable… que ce soit avec de grosses guitares ou avec des claviers, on est dans la même famille!

Ce qu’on aime chez Damaged Bug, c’est qu’on se retrouve dans la tête du créateur et on comprend parfaitement l’intention qui se cache derrière ce projet. Dwyer expérimente avec une panoplie d’instruments synthétiques et triture les sons avec beaucoup de plaisir. Du moins, on ressent cet enthousiasme et ça ne peut que nous plaire. En contrepartie, ce divertissement, un peu égoïste disons-le, fait que notre homme a oublié un peu de resserrer ses chansons ce qui donne comme résultat un disque inégal.

Si on a un sourire étampé dans le visage en écoutant une pièce comme la «funkisante» What Cheer, notre attention s’égare quelquefois. On pense entre autres à l’inutile Grape Basement qui pourrait servir d’excellent somnifère à un insomniaque chronique. Même si cette conception sonore est plus mélodique que le précédent effort, ce n’est pas parce c’est plus harmonieux que c’est nécessairement plus intéressant. Sur Hubba Bubba, le côté dérangeant et un peu champ gauche de l’affaire nous avaient séduits alors que sur Cold Hot Plumbs, John Dwyer fait du Thee Oh Sees… mais avec des synthés.

Bon. Un projet de ce salopard n’est jamais monotone, mais on sent l’artiste en attente du déclic qui lui permettrait de se construire une véritable identité musicale. Puisque l’homme adore nous présenter album après album, le fruit de ses expériences sonores, on peut demeurer de marbre face à certaines de ses propositions et c’est tout à fait normal. De toute façon, tôt ou tard, si Dwyer le désire vraiment, il atteindra la cible avec Damaged Bug.

Ma note: 6/10

Damaged Bug
Cold Hot Plumbs
Castle Face
34 minutes

http://www.castlefacerecords.com/collections/damaged-bug

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=dsNuSRI_II0[/youtube]

2 commentaires

  1. Golden Phone, le 2016-10-12 à 23:55

    Merci pour ce billet ! je viens à peine de découvrir Damaged Bug après 6 mois à écouter exclusivement Thee Oh Sees et OCS… I faut admettre que Dwyer est incroyable. On dirait un gamin dans un magasin de jouets. Et le résultat n’est jamais chiant (pour moi en tout cas). Ce type est un catalyseur humain.

    • Stéphane Deslauriers, le 2016-10-13 à 08:02

      Dwyer est l’un des grands musiciens rock de notre époque. Content que tu l’apprécies. Merci du commentaire!

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