Critiques

Avec le Soleil Sortant de sa Bouche

Pas Pire Pop, I Love You So Much

  • Constellation Records
  • 2017
  • 43 minutes
7,5

Avec le soleil sortant de sa bouche commence l’année en nous offrant l’héritier de Zubberdust! paru en 2014. Le groupe de kraut-funk avait reçu sa part d’éloges avec son album précédent qui allait des rythmes dansants à des explosions de joie et quelques mélodies qui accrochent l’oreille et font taper du pied. Leur musique, bien qu’elle soit expérimentale, n’est pas suffisamment obscure pour que le néophyte se sente dépassé. Est-ce que la tendance se maintient sur Pas Pire Pop, I Love You So Much?

Malgré son nom qui pourrait donner l’impression que le quatuor a l’intention de devenir une formation qui fait le Centre Bell, elle n’hésite toujours pas à expérimenter et faire des essais. On retrouve aussi ce goût pour la mélodie accessible même si celle-ci est entourée de sonorités inhabituelles. Pas Pire Pop, I Love You So Much est un album marginal comme Zubberdust! et tout aussi plaisant pour les oreilles. Les rythmes circulaires qui deviennent hypnotiques occupent toujours une grande place alors que la distorsion est un tantinet plus présente dans les guitares. C’est bien plaisant pour les tympans.

À l’instar du premier album, la construction du deuxième tourne autour de grandes pièces segmentées en mouvements. Alizé et Margaret D. Midi moins le quart. Sur la plage, un palmier ensanglanté remporte tout d’abord la palme (oui, oui, je l’ai fait) du titre le plus flyé à date en 2017. Entre les chants dans une langue inventée qui rappellent certains maniérismes moyen-orientaux avec la voix criarde et la distorsion qui fait son apparition régulièrement, le premier mouvement est agréable et surprenant. La suite se lance dans des variations très réussies sur le même riff avant qu’on atteigne le troisième mouvement où tout s’emporte dans un mélange de sonorités enveloppantes et bruyantes.

La deuxième grande artère qui traverse l’album est Tourner incessamment dans l’éclatement euphorique de soi — Road Painting Ahead qui met à l’avant-plan des cuivres et des sonorités de synthétiseurs bien intéressantes. La mélodie instrumentale est rythmée et donne rapidement envie de taper du pied. Malgré leur marginalité frappante, ASSB sait pêcher le tympan efficacement. Le troisième mouvement met encore l’accent sur les sonorités bruyantes et sur une distorsion à propos. Ça se termine dans un cinquième mouvement assez dansant à la batterie franchement délicieuse, simple, répétitive et efficace.

La dernière pièce maitresse est Trans-pop express qui exploite un riff de guitare mélodieux habillé par des sons parasites. Avec les chants qui sont de long « ah », ça amène une impression d’immensité et de puissance avant de basculer dans un rock quasi pop. Une transition qui se fait tout même sans heurt.

Avec le soleil sortant de sa bouche est un bel ovni montréalais. Le quatuor fera plaisir aux amateurs de musique instrumentale telle que Maserati et dans une certaine limite ceux qui aiment Trans Am. C’est moins rock, mais beaucoup plus éclaté comme univers. ASSB fait bien les choses et offre un deuxième album tout aussi plaisant que le premier.

Ma note: 7,5/10

Avec le soleil sortant de sa bouche
Pas Pire Pop, I Love You So Much
Constellation Records
43 minutes

http://cstrecords.org/avec-le-soleil-sortant-de-sa-bouche/

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